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Points de vue
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- Bioéthique, un débat citoyen
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- Recherche publique et industrie, un dialogue essentiel mais difficile
Quand les chercheurs se connectent avec la société
Aujourd’hui, les institutions scientifiques mondiales déclarent œuvrer pour une plus large accessibilité du public à leur « tour d’ivoire », pour une meilleure diffusion des connaissances et pour une inscription des recherches dans le débat sociétal. Ces priorités affichées ont cependant du mal à se traduire dans les pratiques effectives. Un symptôme parmi d’autres en est la méconnaissance du profil des chercheurs acteurs impliqués dans des opérations de transmission et de vulgarisation et du type d’actions qu’ils mènent.
Dans ce contexte, une étude menée par une équipe pluridisciplinaire et dirigée par Pablo Jensen a été publiée en août 2008 dans la revue Science and Public Policy. Elle présente la caractérisation la plus complète jamais menée sur des chercheurs actifs en dissémination selon trois modalités : la vulgarisation, l’obtention de contrats et l’enseignement. Ce travail a été rendu possible par la centralisation, au niveau de la Direction des ressources humaines du CNRS, des rapports d’activité des 11 000 chercheurs du CNRS dans toutes les disciplines sur trois ans.
Il ressort de cette enquête que la moitié des chercheurs pratiquent des activités de diffusion de leurs travaux, cette proportion étant très variable selon la discipline. Pour la vulgarisation, les sciences humaines et sociales arrivent en tête, suivies de près par l’astrophysique.
Cette étude statistique coupe court à deux croyances largement répandues : trop de vulgarisation « tuerait » l’activité académique et l’implication dans des activités de diffusion pénaliserait le chercheur dans son évolution de carrière. L’enquête a en effet montré que les scientifiques ouverts sur la société publient plus d’articles et que ceux-ci ont plus d’impact en termes de citations. Et les chercheurs qui pratiquent la vulgarisation sont promus au grade de directeur de recherche au même âge que les autres. Même si la route est longue, la transmission des savoirs a de l’avenir devant elle !
Pablo Jensen
Directeur de recherche au CNRS, Laboratoire de physique de l’École normale supérieure de Lyon






