Accueil du site > Partenaires des 70 ans > Les partenaires en quelques mots
Rechercher
Essilor
Essilor voit plus loin avec le CNRS
Le leader mondial de l’optique ophtalmique s’associe au CNRS pour mettre au point les innovations de demain. Jean-Luc Schuppiser, directeur R&D d’Essilor International [1], nous dévoile la nature de cette collaboration fructueuse qui dure depuis plus de trente ans !
Le CNRS et Essilor partagent un laboratoire commun dénommé « Pix-Cell ». Sur quoi travaille-t-il ?
Jean-Luc Schuppiser : Pix-Cell regroupe des chercheurs d’Essilor et du Laboratoire d’analyse et d’architecture des systèmes [2] (Laas) près de Toulouse. Ils y développent une nouvelle génération de verres digitaux totalement révolutionnaires. Jusqu’ici, l’intégration de propriétés optiques, mécaniques, antireflets, antisalissures, antirayures, antistatiques, antifatigues… se faisait par dépôt de couches successives sur le verre des lunettes. Ces couches étaient déposées sur des épaisseurs comprises entre quelques nanomètres et quelques micromètres. Pix-Cell développe une toute autre approche. Fort des compétences en microtechnologie du Laas, ses équipes tentent non plus d’intégrer ces propriétés par couches, mais par points, dans une logique de pixellisation. Chaque point est une microcuvette indépendante réalisée par photlithgraphie et encapsulant des matériaux spécifiques apportant telle ou telle propriété. Nous sommes les seuls à développer dans l’optique cette technologie prometteuse qui permettra de multiplier à l’infini la personnalisation des verres ! Nous espérons un premier lancement commercial d’ici 2010-2011.
Quelles autres formes prennent les échanges entre Essilor et le CNRS ?
J.-L. S. : Tout comme le laboratoire Pix-Cell, les autres échanges entre Essilor et le CNRS sont régis par un accord cadre de collaboration en cours de renouvellement. Celui-ci prévoit le partage de moyens humains et financiers afin de développer des recherches innovantes dans le domaine de la vision et des composants optiques. Nous participons ainsi au financement d’une vingtaine de projets de recherche menées avec des chercheurs du CNRS, ce qui représente environ 5 % de notre budget recherche et développement. L’accord nous permet aussi d’accéder à certains instruments très spécifiques du CNRS, tels ses installations de résonance magnétique nucléaire ou ses instruments d’analyses très pointues. Mais ce partenariat ne date pas d’hier ! En effet, depuis sa création en 1972 par deux chercheurs, Essel et Silor, notre société a toujours étroitement collaboré avec le CNRS. Et pour l’anecdote, bien avant mon entrée chez Essilor, j’ai moi-même réalisé ma thèse au sein du département de photochimie générale du CNRS [3]. Les choses se sont toutefois accélérées depuis quatre ans. En témoigne le laboratoire Pix-Cell créé en 2004 et l’étroite collaboration des deux parties au sein du projet Descartes destiné à apporter des solutions innovantes pour les malvoyants (voir encadré, ndlr).
Essilor investit 30 % de son budget R&D pour financer des recherches menées par des partenaires extérieurs, dont deux-tiers avec des laboratoires académiques tel le CNRS. Pourquoi un tel engagement ?
J.-L. S. : Car notre industrie n’a pas les moyens de mener elle-même sa propre recherche fondamentale. Nous sommes donc très attentifs aux recherches développées dans les autres secteurs, afin d’adapter à nos besoins les nouvelles techniques qui en sont issues. En effet, Essilor n’est l’inventeur que de 20 % des technologies qu’elle utilise ! À titre d’exemples, les verres plastiques sont issus des techniques d’injection mises au point par les plasturgistes et les verres antireflets du procédé de dépôts d’oxydes par évaporation sous vide développé dans la micro-électronique. Et aujourd’hui, les verres digitaux en cours d’élaboration au sein du laboratoire Pix-Cell font appel à la photolithographie, un secteur qui nous était jusqu’alors complètement étranger ! Reste ensuite à effectuer un important travail d’adaptation de ces technologies extérieures à nos propres contraintes.
Avec quels autres acteurs académiques la société Essilor collabore-t-elle dans le monde ?
J.-L. S. : Nous partageons un laboratoire commun avec le CEA à Grenoble qui travaille également sur les verres digitaux et un autre avec l’université de Shanghai sur la thématique des nanoparticules. Par ailleurs, Essilor finance une chaire d’optométrie à Montréal. Aujourd’hui, la R&D est totalement mondiale et aucun grand groupe ne limite exclusivement ses investissements en recherche sur le sol français. Académiques, privés, français, européens, occidentaux ou asiatiques : nos partenaires sont donc très divers. Car, quelle que soit leur appartenance, nous recherchons avant tout des chercheurs et des laboratoires compétents développant des technologies d’avenir adaptables à notre secteur d’activité.
Propos recueillis par Jean-Philippe Braly pour Le Journal du CNRS, n°232, mai 2009.
Contact
Jean-Luc Schuppiser
Essilor International
Des solutions pour les malvoyants
Ils sont 50 millions rien qu’en Europe et aux États-Unis. Pourtant, il n’existe pas aujourd’hui de prise en charge efficace des malvoyants. Ces patients atteints de dégénérescence maculaire liée à l’âge, de glaucome, de rétinopathie diabétique ou d’autres maladies rétiniennes orphelines ont longtemps été les oubliés de l’innovation. Lancé fin janvier 2009, le projet Descartes, au sein duquel collaborent plusieurs acteurs dont Essilor et le laboratoire Aimé Cotton [4], change la donne. Mobilisant l’équivalent de 180 personnes en temps plein et doté d’un budget de 33 millions d’euros sur cinq ans, il s’est donné pour mission de développer une panoplie de solutions innovantes pour aider ces personnes a mieux vivre avec leur handicap. Dans les cartons, de nombreuses innovations parmi lesquelles des cannes électroniques, des filtres thérapeutiques contre la lumière toxique et des lunettes vidéo superposant des images virtuelles à la scène naturelle ! J-P. B.
[1] Essilor International propose une large gamme de verres pour corriger la myopie, l’hypermétropie, la presbytie et l’astigmatisme. La société emploie plus de 31 000 collaborateurs dans le monde, dont 550 chercheurs dans ses centres R&D. En 2008, son chiffre d’affaires a atteint plus de 3074,5 millions d’euros.
[2] Laboratoire CNRS.
[3] Département CNRS / Université de Mulhouse.
[4] Laboratoire CNRS. Les autres partenaires sont l’Institut de la Vision, Visiotact, MicroOLED et Fovea Pharmaceuticals.







