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Pierre Fabre

Le partenariat Pierre Fabre/CNRS : 40 ans de collaboration public/privé au service de la Santé

Depuis leur naissance en 1961, et plus encore avec la création d’un département de Recherche-Développement en 1968, les Laboratoires Pierre Fabre ont entretenu des liens étroits avec les organismes publics de recherche, au premier rang desquels le CNRS.

Prenant très tôt conscience du fait que les expertises et savoir-faire présents au sein des équipes CNRS constituaient un apport capital pour les activités de recherche de ses Laboratoires, notamment en chimie médicinale et pharmacologie, Monsieur Pierre Fabre a tissé un solide réseau de collaborations.

Tout d’abord ponctuels et discutés au cas par cas, ces liens ont été formalisés dans un accord–cadre Pierre Fabre/CNRS en 1984, renouvelé en 1993. Cet accord définit le cadre général des relations entre les deux partenaires et fixe les règles pour toutes les questions de propriété intellectuelle, de rémunérations et redevances en cas de mise sur le marché, et de publication des résultats issus des collaborations.

Au plan pratique, les différentes collaborations établies depuis 1968 par les Laboratoires Pierre Fabre ont toutes eu pour objectif de mettre en application les découvertes fondamentales issues des équipes du CNRS, et notamment celui consistant à identifier une molécule chimique ou biologique intéressante, la caractériser aux plans analytique et pharmacologique, et la développer en vue de sa mise sur le marché comme médicament.

Des structures communes : En 1999, la collaboration entre le CNRS et Pierre Fabre atteint un nouveau palier avec la création de deux Unités Mixtes (UMR et laboratoires Communs) ; puis en 2003, l’ISTMT (Institut de Sciences et Technologies du Médicament) voit le jour ; il regroupe trois Unités Mixtes qui ambitionnent de se positionner comme un pôle d’excellence en recherche dans le domaine des biotechnologies pharmaceutiques appliquées aux substances naturelles.

En juin 2002,une EMR (Équipe Mixte de Recherche) a été créée au sein de l’UMR 7621 de Banyuls (Laboratoire ARAGO) dans l’objectif d’étudier la biodiversité marine au travers de programmes communs de recherche.

Navelbine® : une collaboration exemplaire pour un succès mondial

Au plan historique, l’une des collaborations les plus marquantes entre les Laboratoires Pierre Fabre et le CNRS a porté, dès le début des années 1980, sur la vinorelbine, un alcaloïde issu de la Pervenche tropicale. Cette molécule identifiée par le professeur Potier (Institut de Chimie des Substances Naturelles, Gif/sur/Yvette) lors de ses travaux fondamentaux sur la réaction dite de Polonowski, s’est révélée être un agent anti-mitotique puissant, actif sur un grand nombre de tumeurs. De leur coté, les Laboratoires Pierre Fabre ont pris en charge la production par hémi synthèse de ce composé à l’échelle industrielle (il faut 4 tonnes de plantes pour obtenir 1 kg de principe actif), son développement pharmaceutique et préclinique, et enfin la conduite des essais cliniques en vue sa mise sur le marché obtenue en France en 1989.

Commercialisé sous le nom de Navelbine®, ce composé est devenu un traitement de référence dans le cancer du sein métastatique et le cancer bronchique non à petites cellules. Navelbine® est actuellement enregistré dans ces indications dans plus de 80 pays et a déjà apporté un bénéfice thérapeutique à plus d’un million de personnes dans le monde. Javlor® : vers un nouveau progrès thérapeutique Le succès de Navelbine® dans le traitement du cancer a incité le Groupe Pierre Fabre à poursuivre, avec le CNRS, l’exploration des propriétés des vinca-alcaloïdes (alcaloïdes issus de la Pervenche) en vue d’identifier de nouvelles molécules originales. Compte tenu des nombreux travaux concurrents, seule une stratégie radicalement nouvelle avait les meilleures chances d’aboutir à un résultat innovant.

C’est ainsi qu’en 1987 débute entre le Centre de Recherche de Pierre Fabre (Dr Fahy et coll., Castres) et l’équipe du professeur Jacquesy (laboratoire de Synthèse et Réactivité des Substances Naturelles, Poitiers) une démarche chimique totalement originale : il s’agit d’appliquer – une première en chimie médicinale – les travaux fondamentaux du prix Nobel (1934) Georges Olah sur les milieux dits superacides, milieux un milliard de fois plus acides que l’acide sulfurique pur. Dans de telles conditions, les composés chimiques présentent des réactivités insoupçonnées, ce qui permet de réaliser des réactions (additions, substitutions) sur des positions non réactives en milieu plus « classique ». Appliquées aux vinca-alcaloïdes, ces conditions superacides permettent de greffer dès 1991 deux atomes de fluor sur une partie de la molécule de vinorelbine, jusqu’alors inaccessible par les méthodes classiques. L’étude au Centre de Recherche de Pierre Fabre des propriétés pharmacologiques de cette « di-fluoro-vinorelbine », baptisée vinflunine, met en évidence une activité in vivo sans précédent, ce qui justifie le dépôt d’un brevet commun Pierre Fabre/CNRS dès 1993.

En parallèle, les travaux du département de chimie Pierre Fabre concerné aboutissent à la mise au point d’un procédé transposable et reproductible de synthèse de la vinflunine, permettant sa production à l’échelle industrielle.

La vinflunine (Javlor®) vient d’obtenir en juin 2009 son AMM européenne dans le cancer de la vessie en seconde ligne de traitement.

À propos de Pierre Fabre

Le groupe Pierre Fabre, second laboratoire pharmaceutique indépendant français, a réalisé un chiffre d’affaire de 1,75 milliards d’Euros en 2008. Il emploie près 10 000 collaborateurs dont 1400 dans le secteur de la recherche. Pierre Fabre est présent dans 130 pays.

Les secteurs d’activité sont les médicaments éthiques, les produits de santé et les produits de dermo-cosmétique avec les marques Avène, Ducray, A Derma, Galénic, Klorane et René Furterer. En 2008, Pierre Fabre Médicament a consacré 33 % de son C.A. annuel à la recherche et au développement dans cinq axes thérapeutiques principaux : l’oncologie, le Système Nerveux Central, la cardiologie, la médecine interne/urologie et la dermatologie.