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Chapitre 2

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le site de Meudon, proche des usines Renault de Boulogne-Billancourt visées par les alliés, a subi plusieurs bombardements. © CNRS Photothèque

«  Deux éléments poussent à s’interroger sur l’application au sein du CNRS des lois anti-juives dictées par Vichy. Tout d’abord, en tant qu’organisme dédié à la science, le Centre doit en principe être le lieu par excellence de l’ouverture d’esprit et de la liberté de pensée, deux piliers de la recherche scientifique. Or ces deux qualités se conjuguent mal avec les mesures prises sous l’Occupation à l’encontre des Juifs, mais aussi des francs-maçons et des résistants, ou présumés tels. Dans le même temps, le Centre a accueilli avant l’invasion allemande des savants étrangers qui fuyaient les persécutions en Allemagne et en Autriche ou souhaitaient se soustraire à l’avance de la Wehrmacht en Europe de l’Est. Dès lors, au moment où le maréchal Pétain signe l’armistice (22 juin 1940), puis lorsqu’il « entre dans la voie de la collaboration », après l’entrevue de Montoire (24 octobre 1940, un an jour pour jour après la publication au Journal Officiel du décret créant le CNRS), de nombreux savants juifs étrangers ont rejoint le Centre, venant grossir les rangs de ceux qui y œuvraient déjà. L’application des lois discriminatoires de Vichy y est donc d’autant plus sensible. Dans quelle mesure la direction les a-t-elle suivies ? Et comment les chercheurs, au niveau des laboratoires, ont-ils réagi ?  »

Extrait de Histoire du CNRS de 1939 à nos jours. Une ambition nationale pour la science, Denis Guthleben. Préface d’André Kaspi, Éditions Armand Colin, 2009, 38 €, 480 p.