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Chapitre 7
L’arrivée du général De Gaulle (ici, en compagnie du directeur général du CNRS Pierre Jacquinot à sa gauche) au pouvoir en 1958 marque le début de profondes réformes de la recherche française. © CNRS Photothèque
« « Le retour au pouvoir du général de Gaulle inaugure une période de réformes profondes de la société française. L’organisation de la recherche scientifique ne fait pas exception. Elle figure même parmi les priorités du fondateur de la Ve République, qui avait déjà donné les preuves de son engagement dans ce domaine à la Libération, en défendant par exemple le projet de création du Commissariat à l’énergie atomique de Frédéric Joliot-Curie. La philosophie de cet engagement renvoie à l’essence même du gaullisme : la recherche scientifique est un des piliers de l’indépendance et de la grandeur nationale. En un sens, elle a donc un rôle politique à jouer dans la France que le général de Gaulle souhaite reconstruire. Le nouveau régime n’a pas encore fêté son premier mois d’existence que de nouvelles structures sont déjà créées, au plus haut niveau de l’État, pour en assurer la coordination. Dans le même temps, ses budgets augmentent de manière significative, entraînant avec eux l’équipement et les moyens humains des laboratoires. »
« Le général de Gaulle visite d’ailleurs les nouvelles installations toulousaines le 14 février 1959 en compagnie de Gaston Dupouy. Il rend un vibrant hommage aux chercheurs et rappelle le rôle de l’État, « l’État qui a le devoir d’entretenir dans la nation un climat favorable à la recherche et à l’enseignement ; l’État, qui, malgré le flot des besoins et le flot des dépenses, a la fonction de doter les laboratoires et de pourvoir l’enseignement ; l’État, enfin, qui doit orienter l’ensemble, tout en laissant à chacun des chercheurs sa direction et son autonomie. C’est à l’État qu’il appartient de déterminer, dans le domaine de la recherche, ce qui est le plus utile à l’intérêt public et d’affecter à ces objectifs-là ce dont il dispose en fait de moyens et en fait d’hommes ». Et le Général de poursuivre, lyrique et fidèle à sa philosophie : « Quoi que l’on fasse, cependant, tout peut dépendre, tout à coup, de l’éclair imprévu et imprévisible qui jaillit d’un cerveau. Il n’y a aucune raison pour que la France n’enfante pas demain, comme elle l’a fait hier, de ces hommes exceptionnels. Peut-être est-il parmi vous, celui-là qui est appelé à accomplir une découverte merveilleuse. Celui-là, je le salue d’avance, et je salue sa gloire future […] Oui ! Rien n’est meilleur que d’alléger le fardeau des hommes. Rien n’est plus noble et plus grand que de leur offrir de l’espoir. »
Extraits de Histoire du CNRS de 1939 à nos jours. Une ambition nationale pour la science, Denis Guthleben. Préface d’André Kaspi, Éditions Armand Colin, 2009, 38 €, 480 p.






