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Chapitre 13

Expérience de lévitation magnétique en 2007 au laboratoire national des champs magnétiques pulsés (LNCMP) de Toulouse. En l’absence de frottement, il suffit de donner une impulsion de départ à la voiture pour qu’elle avance (indéfiniment) sur la route. © CNRS Photothèque

«  « Il faudrait écrire un jour un complément à cet ouvrage, une histoire dans l’histoire du CNRS : celle de la destruction de l’organisme. Le chemin du Centre a en effet été pavé de menaces. Selon l’époque, il a été question de le détruire, de le tronçonner, de le faire exploser, de le supprimer, de l’asphyxier, même de le brûler. Cette histoire débuterait en même temps que celle du Centre. Elle trouverait même son origine plus tôt, car la première attaque en règle a été conduite dès 1938, au sein du Conseil supérieur de la recherche scientifique, alors que le CNRS n’avait pas encore vu le jour : pas question, disaient alors les opposants de Jean Perrin, de fonder un « organisme unique ». Passant outre leurs critiques, les pouvoirs publics ont accepté de le mettre en place l’année suivante, dans le contexte de mobilisation face à l’Allemagne nazie. Et la menace resurgit en août 1940, alors que le Centre n’a pas encore fêté son premier anniversaire : l’institution ne risque-t-elle pas d’être emportée en même temps que la Troisième République qui l’a créée ? Les anniversaires, depuis, ont défilé. La menace, elle, est restée l’élément le plus constant de l’histoire de l’organisme.  »

«  Contre vents et marées, le CNRS est toujours parvenu à maintenir le cap et à retrouver sa place dans cette mer agitée qu’est le paysage scientifique français. Institution originale, dont on serait bien en peine de trouver des équivalents à l’étranger, il n’a pas duré pour durer, mais parce qu’il rendait et continue de rendre de précieux services à la Nation. Chemin faisant, depuis 70 ans, il a témoigné d’une formidable capacité d’adaptation, de réaction et de transformation au gré des besoins et des attentes. Aux antipodes des images d’immobilisme et de sclérose, véritables serpents de mer qui font des retours réguliers sur la place publique, il continue d’apparaître comme le laboratoire du mouvement perpétuel, conservant ainsi la souplesse que lui avaient insufflée ses pères fondateurs.  »

Extrait de Histoire du CNRS de 1939 à nos jours. Une ambition nationale pour la science, Denis Guthleben. Préface d’André Kaspi, Éditions Armand Colin, 2009, 38 €, 480 p.