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Ouverture du colloque - Le mot de la présidente
Le 19 octobre 2009, le CNRS fête ses soixante-dix ans. Sans rides, sans états d’âme, confiant et ouvert sur l’avenir. Il a gardé la force et l’inventivité de ses premières années. Nos voisins continuent de nous envier, car, au fil du temps, le CNRS est devenu un maillon incontournable de l’intelligence et de la production de nouveaux savoirs fondamentaux. Fort de sa mission originelle, il coordonne les recherches, pratique la pluridisciplinarité et occupe une place plus qu’enviable dans le paysage de la recherche internationale.
À quoi cela tient-il ? Aux qualités qu’il n’a cessé d’exalter : la poursuite de l’excellence, la créativité, la réactivité, l’attrait pour la prospective. Les chercheurs confrontent au quotidien leurs pratiques, partagent leurs expériences et réfléchissent à de nouvelles actions communes. Le CNRS est un creuset d’où émanent de nouvelles impulsions, de nouvelles propositions. Mais il ne suffit pas de découvrir, d’inventer, de connaître, encore faut-il valoriser les inventions et les découvertes, renoncer au langage abscons. En un mot, il est aussi nécessaire de faire connaître. Les chercheurs ne parlent pas aux seuls chercheurs. Ils parlent aussi à la société.
Certains croient ou font semblant de croire que la recherche repose sur les seuls moyens humains, budgétaires et structurels. C’est une erreur. Elle est faite d’avancées scientifiques, de stratégies, d’idées et de débats. Qui dit stratégie scientifique évoque de grands thèmes fédérateurs qui abordent les questions essentielles. Pour y répondre, une coordination des efforts est nécessaire et demande de connaître intimement le milieu scientifique, ce que le CNRS a su réaliser au cours du temps. Pour faire avancer le front de la connaissance, la recherche doit aussi allier Savoir et Technologie. Ainsi la découverte et la validation des théories fondamentales nécessitent de développer des technologies sophistiquées qui, à leur tour, suscitent des recherches originales.
Le CNRS, dès son origine et avant d’être l’ordonnateur et le coordinateur de grands équipements et de projets scientifiques ambitieux, a d’abord été une affaire d’hommes et, de plus en plus au fil des années, de femmes. Des milliers de chercheurs, d’ingénieurs et de techniciens ont, à toutes les époques et jusqu’à nos jours, œuvré en son sein. Anonymes ou célèbres, relevant des disciplines recouvrant les sciences de la matière, des humanités ou des métiers de l’administration, ils seront le cœur du colloque. Leurs métiers ont connu des mutations profondes. On n’était pas chercheur hier comme on l’est aujourd’hui. Le métier de chercheur, apparu tardivement, a déjà subi des évolutions. C’est tout l’intérêt d’un colloque historique que de parvenir à retracer ces mutations et ces évolutions, afin de comprendre ce que « travailler au CNRS » signifie aujourd’hui, et d’imaginer ce que cela pourrait être demain.
Catherine Bréchignac, présidente du CNRS






