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| " Ô temps suspends ton vol ! " Histoire de calendriers | |
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janvier 2000 | |
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Très tôt, l'Homme s'est heurté à la problématique de la mesure et du découpage du temps. Pour cela, il utilisa les mouvements apparents directement observables sur Terre et dans le ciel. L'observation des levers et des couchers du Soleil donna naissance à la notion de jour, la répétition des phases lunaires et le retour des saisons furent à l'origine du mois et de l'année. Pour maintenir les fêtes et cérémonies religieuses aux mêmes époques, l'Homme dut concilier et accorder les périodes du jour, du mois lunaire et de l'année solaire. La lunaison et l'année tropique (retour des saisons) donnèrent naissance aux trois types de calendriers astronomiques classiques qui s'y rattachent : les calendriers solaires (le calendrier julien et grégorien), les calendriers lunaires (le calendrier musulman) et les calendriers luni-solaires (le calendrier israélite). Patrick Rocher du Laboratoire de mécanique céleste et de calcul des éphémérides du bureau des longitudes (BDL, CNRS) s'est intéressé aux calendriers julien et grégorien. |
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Les années bissextiles sont des années qui comportent un jour de plus en février, soit 366 jours. Le but des années bissextiles est de ramener le début des saisons aux mêmes dates que celles du calendrier. Pour cela, il faut que la moyenne des années du calendrier soit la plus proche possible de l'année tropique. C'est le calendrier solaire. L'année tropique est la période (365,2422 jours) qui sépare le passage de la Terre par deux équinoxes de printemps successifs. La journée supplémentaire ajoutée au calendrier permet donc de combler le retard de presque un quart de jour pris chaque année. Les années bissextiles ont été introduites par Jules César, lorsqu'il réforma en 46 avant J.-C. le calendrier romain pour mettre en place le calendrier éponyme (calendrier julien). Sur les conseils d'un astronome d'Alexandrie, Sosigène, il proposa l'introduction d'une journée supplémentaire tous les quatre ans, lorsque le millésime de l'année est un multiple de quatre. En 1582, le pape Grégoire XIII décide de réformer le calcul de la date de Pâques. L'équinoxe de printemps tombe le 11 mars. Or, la date de Pâques est calculée par rapport à un équinoxe de printemps fixé au 21 mars. Il y a donc un décalage de 10 jours entre le calendrier julien et le début du printemps. Le calendrier grégorien est alors conçu pour éviter et combler cet écart. L'année 1582 est diminuée de 10 jours, le vendredi 15 octobre 1582 grégorien étant le lendemain du jeudi 4 octobre 1582 julien. La règle d'intercalation des années bissextiles est modifiée pour supprimer trois années bissextiles tous les quatre siècles. Ainsi, les années bissextiles sont les mêmes que celles du calendrier julien, sauf trois années séculaires sur quatre, celles dont le millésime est multiple de 100 sans l'être de 400. Donc les années 1700, 1800, 1900 sont communes alors que 2000 sera bissextile. Les pays catholiques, Italie, Portugal et Espagne adopteront cette réforme tout de suite. En France, le changement de calendrier se fera en décembre 1582*. Les pays de confession protestante tarderont à l'adopter (Angleterre, 1752**), le baptisant calendrier julien réformé. Le calendrier julien est encore utilisé par l'église orthodoxe pour la détermination de ses fêtes religieuses. L'origine du terme bissextile date de Jules César. Le jour supplémentaire fut attribué au mois de février. Pour ne pas changer le nombre de jour de ce mois (28 jours, les nombres pairs étaient considérés comme néfastes, et le mois de février était le mois des morts) on dédoubla le jour du 24 février. Ce jour portait le nom de sexto ante calendas martis (6e jour avant les calendes de mars) et le jour supplémentaire devint le jour bissexto ante calendas martis. L'épithète bissextile est, en principe, réservée à l'année. Le jour additionnel est le bissexte, substantif très peu employé ; l'usage consacre l'expression, incorrecte, de jour bissextile. L'An 2000 sera bissextile. L'idée de décompter les jours à partir de la naissance du Christ remonte au VIe siècle. Elle est l'œuvre du moine Denys le Petit, astronome et mathématicien, qui l'utilisa dans la confection de ces tables pascales. Il fixa la naissance du Christ au 25 décembre de l'an 753 de la fondation de Rome (AUC : Ab Urbe Condita). Par la suite, les chronologistes déplacèrent l'origine de l'ère chrétienne au 1 janvier de l'an 754 AUC de manière à la faire coïncider avec le début de l'année civile. Denys le Petit a simplement repris un mode de notation qui était utilisé par toutes les civilisations antiques, que ce soit les Romains qui décomptaient les ans depuis la fondation de Rome, ou les Grecs qui comptaient depuis les premiers jeux olympiques (ère des olympiades instaurée par Timée au IIIe siècle avant notre ère). De même, lorsque la Convention Nationale instaura le calendrier républicain, et bien que le zéro fût connu depuis fort longtemps, elle appela la première année de son calendrier, l'An I de la République. Le calendrier n'est pas un instrument de mesure, de même que la date du calendrier ne mesure pas un temps écoulé. La définition " officielle de la date " est issue de la norme ISO 8601 1998 publiée par l'AFNOR (indice de classement Z69-200), paragraphe 5.2.1 : | |