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Comment
convertir de l'énergie lumineuse en énergie électrique
? Des chercheurs du Groupe des matériaux organiques de l'Institut
de physique et chimie des matériaux de Strasbourg1
ont mis au point une molécule hybride qui sert à produire
ce phénomène, appelé effet photovoltaïque.
L'effet photovoltaïque implique la production et le transport
de charges négatives (électrons) et positives (trous) sous
l'effet de la lumière dans un matériau semi-conducteur.
Récemment, un nouveau concept fondé sur l'utilisation d'un
film mince du mélange d'un polymère conjugué2
et de buckminsterfullerène (molécule en forme de ballon
de football constituée de 60 atomes de carbone, C60)
a permis d'améliorer de façon significative les performances
des dispositifs photo-voltaïques plastiques utilisant des composés
organiques.
Toutefois, de nombreux obstacles restent à franchir avant d'éventuelles
applications. Les performances du dispositif dépendent en effet
de la morphologie du film mince placé entre les deux électrodes.
Du fait de l'incompatibilité des deux constituants du mélange,
une séparation de phase incontrôlable se produit. La séparation
de charge photoinduite à l'origine du photo-courant ne pouvant
se faire qu'à l'interface C60/polymère
(zone de contact entre les deux constituants) n'est pas optimale.
Des chercheurs du Groupe des matériaux organiques de l'Institut
de physique et chimie des matériaux de Strasbourg ont essayé
d'éliminer tous les problèmes inhérents à
cette séparation de phase. Ils ont synthétisé3
une molécule hybride à base de dérivés substitués
du C60 utilisés pour la préparation
de cellules photovoltaïques (voir figure). Cette approche moléculaire
pour la conversion de l'énergie solaire en énergie électrique
est originale. Néanmoins, même si l'efficacité des
dispositifs photovoltaïques obtenus est du même ordre de grandeur
que celle des systèmes utilisant des mélanges traditionnels
(polymères/C60), elle reste encore
faible.
L'étude photophysique4
a montré que le transfert d'électron à l'origine
du photocourant est en compétition avec un transfert d'énergie
ne conduisant pas à la formation de charges au sein du film mince
; le second phénomène étant prédominant. Dans
les dispositifs photovoltaïques, seule une faible partie de la lumière
absorbée conduit effectivement à l'espèce à
charges séparées. De ce fait, les performances du dispositif
sont limitées car une grande partie de la lumière absorbée
est en quelque sorte perdue en raison du transfert d'énergie.
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En
haut, un film mince (100 à 140 nm) de la molécule
C60-OPV
(oligophénylène-vinylène, en vert) est pris
en sandwich entre une couche d'aluminium (pôle négatif,
en rouge) et une lame d'ITO (électrode transparente, pôle
positif, en bleu).
Le composé hybride génère des électrons
et des trous sous l'effet de la lumière et fournit des
chemins permettant leur transport aux deux électrodes opposées.
Un photocourant est observé lorsqu'un transfert d'électron
photoinduit, permettant d'obtenir l'espèce à charges
séparées, se produit.
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Les chercheurs strasbourgeois projettent de synthétiser de nouveaux
dérivés mieux adaptés pour optimiser les performances
des cellules photovoltaïques. Pour ce faire, il faut à la
fois favoriser la formation de charges au sein du film mince du dispositif
photovoltaïque et augmenter la quantité de lumière
absorbée. L'un des grands avantages de cette nouvelle approche
est la possibilité d'établir une relation entre la structure
du composé hybride et son activité. Il sera ensuite facile
de faire varier la structure de la molécule pour en moduler ses
propriétés électroniques afin de favoriser la production
du photocourant.
Pour en savoir plus :
J.-F.
Eckert, J.-F. Nicoud, J.-F. Nierengarten, S.-G. Liu, L. Echegoyen, N.
Armaroli, F. Barigelletti, L. Ouali, V. Krasnikov and G. Hadziioannou.
J. Am. Chem. Soc. 2000, 122, 7467.
J.-F.
Nierengarten, J.-F. Eckert, J.-F. Nicoud, L. Ouali, V. Krasnikov and
G. Hadziioannou. J. Chem. Soc. Chem. Commun. 1999, 617.
M.
Freemantle. Chem. & Eng. News, April 12, 1999, p. 13.
G.
Yu, J. Gao, J. C. Hummelen, F. Wudl and A. J. Heeger. Science.
1995, 270, 1789.
1
CNRS-Université Strasbourg 1.
2
Molécules dont la structurese répète régulièrement
en de longues chaînes et comportant alternativement des liaisons
simples et doubles entre ses atomes de carbone.
3 Dans le cadre d'une collaboration avec
l'équipe de Georges Hadziioannou, Université de Groningen,
Pays-Bas.
4
Réalisée en collaboration avec Nicola Armaroli (Consiglio
Nazionale delle Ricerche, Bologna, Italie).
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LES
POLYMÈRES CONJUGUÉS CONDUCTEURS - L'EFFET PHOTOVOLTAÏQUE
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La
découverte des polymères conjugués conducteurs
a valu cette année l'attribution du prix Nobel de Chimie
à Alan J. Heeger, Alan G. MacDiarmid et Hideki Shirakawa.
Ces plastiques conducteurs offrent de nouvelles perspectives dans
le domaine de l'électronique : par exemple, la conception
d'afficheurs de téléphones portables ou la préparation
de dispositifs électroluminescents (capables de transformer
l'énergie électrique en énergie lumineuse).
L'opération qui consiste à produire de l'énergie
électrique à partir d'énergie lumineuse (effet
photovoltaïque) en utilisant des polymères conjugués
conducteurs, fait également l'objet de nombreux travaux
de recherche. Le coût de production de ces polymères
est faible, leur mise en forme est relativement aisée et
l'énergie solaire apparaît comme une source inépuisable.
Les enjeux économiques de dispositifs photovoltaïques
plastiques sont évidents. Si leur efficacité pour
la conversion de l'énergie lumineuse en énergie
électrique reste insuffisante, ces dispositifs sont toutefois
une bonne source d'énergie pour des appareils électriques
en consommant peu (par exemple les calculatrices ou les jouets).
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