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Certains
chercheurs tiennent parfois des discours abscons et leur recherche reste
totalement impénétrable au commun des mortels. Cette "herméticité
" leur permet tout au plus de communiquer avec leurs pairs et collègues
(et encore
) mais les rend complètement inaccessibles au grand
public. Si un journaliste arrive à bien saisir le sens de leurs
travaux, il pourra traduire et retranscrire les messages vers le plus
grand nombre. Mais si le scientifique fait lui-même des efforts
de communication, alors encourageons-le dans sa démarche. Des opérations
comme les Rencontres CNRS "Sciences et Citoyens" remportent
chaque année un succès jamais démenti et constituent
un excellent tremplin vers une communication "grand public".
Il
existe des journalistes scientifiques qui, sans tomber dans des travers
de "mièvrerie", c'est-à-dire sans prendre leurs
lecteurs ou leurs auditeurs pour des benêts et des incultes, font
passer des messages significatifs et justes. Mais les scientifiques, même
s'il n'y en a pas pléthore, sont capables eux aussi de véhiculer
des informations compréhensibles. Il suffit qu'ils le veuillent
et qu'ils fassent preuve d'un minimum de modestie (face à un ego
parfois surdimensionné). Il est vrai que l'on frôle de temps
en temps la démesure : certains "chouchous" des médias
se produisent à tout moment ou publient à profusion, sur
quantités de sujets où leur compétence est parfois
douteuse ou hors propos, tant elle est éloignée de leur
spécialité d'origine. Mais, il faut hélas se rendre
à l'évidence : leur image familière fait battre les
records d'audimat
Rencontres
CNRS "Sciences et Citoyens"1
: une décennie de dialogue scientifique
Mais
trêve de méchanceté, le décor n'est pas aussi
sombre qu'il n'y paraît. Les efforts de communication et de dialogues
des chercheurs sont à louer. Et les rencontres "Sciences et
Citoyens" (voir encadré) témoignent
bien de cette capacité du monde scientifique à faire passer
des messages. Évidemment, on peut regretter que les participants
à ces Rencontres soient déjà "triés sur
le volet" et ne correspondent pas vraiment à ce qu'on appelle
communément "le public".
Néanmoins,
la diversité, la fraîcheur d'esprit, mais aussi les exigences
et le sérieux des intervenants sont un véritable régal
pour la communauté scientifique qui vient non pas "leur parler",
mais "parler avec eux". Et ces dialogues entre scientifiques
et "public" ne se font pas à sens unique : il faut répondre
aux questions, trouver, improviser, inventer des phrases et des messages
porteurs et voir si le discours est bien reçu sans être caricaturé.
C'est un plaisir que tout chercheur ayant déjà participé
à une telle aventure aimerait partager avec ses collègues
!
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...
de Michel Weinfeld
Au tout début des années 1980, j'ai eu la chance
de participer à une expérience de physique*,
première mondiale qui a éveillé l'intérêt
de la presse. De nombreux journalistes scientifiques ont alors
défilé dans notre laboratoire. L'un d'entre eux
a fait une déclaration péremptoire qui m'a beaucoup
frappé. Pour lui, les scientifiques étaient incapables
de communiquer au grand public avec un minimum d'intelligibilité
sur la nature de leur travail et sur leurs résultats de
recherche. Les journalistes scientifiques étaient, l'affirma-t-il,
"des médiateurs indispensables et irremplaçables
pour assurer cette communication". Qui et que croire ? Le
débat n'est pas aussi simple et les deux acteurs ont certainement
des rôles bien précis à jouer.
*
L'obtention d'une réaction thermonucléaire par interaction
laser-matière en lumière ultra-violette en 1980,
à l'école polytechnique (GRECO n°4, Interaction
Laser-Matière).
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1)
Les Rencontres CNRS "Sciences et Citoyens" : Trois jours
durant, près de 450 jeunes européens, âgés
de 18 à 25 ans, étudiants ou engagés dans la vie
active, discutent, dans des ateliers de travail, avec une centaine de
scientifiques représentant plus de 15 disciplines, de questions
concernant à la fois la science et la société. Ce
rendez-vous annuel international de réflexion, d'échange
d'idées pour le futur, souligne l'ancrage du CNRS dans la société
et sa volonté d'apporter un savoir neuf et des idées originales
susceptibles d'aider les jeunes préoccupés par leur avenir
et le devenir de la planète. Jeunes et chercheurs sont conviés
à un dialogue en toute liberté sur des sujets touchant aux
grands problèmes de notre temps. Voir l'article "En
avant la science ! La relève scientifique du nouveau millénaire".
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