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"Vous
cherchez, mais est-ce que vous trouvez ?" demande-t-on parfois aux
chercheurs. "Vous communiquez, mais pourquoi et comment ?" telle
est la question posée, certes de façon moins malicieuse,
par la rédaction de CNRS Info. Une question qui a le mérite
de nous inciter à une réflexion sur notre propre pratique.
Notre
rôle peut se définir selon trois axes principaux :
faire
connaître les résultats de nos disciplines par la diffusion
de l'information scientifique et technique ;
participer,
avec l'ensemble de nos collègues, à promouvoir auprès
des divers publics la visibilité et la lisibilité du CNRS
;
favoriser,
au sein de nos communautés, l'information et la communication
entre les différentes sous-disciplines, entre les différentes
catégories de personnel.
Les
deux premiers axes sont, pour les départements, étroitement
imbriqués : c'est essentiellement au travers de la diffusion
de l'information scientifique que nous pouvons participer à la
valorisation de l'image du CNRS.
Le
chargé de communication d'un département scientifique
est au cur de l'information sur ce qui se fait dans son domaine,
il a un rôle primordial de veille scientifique et de médiation.
Les modes de restitution de cette information sont divers selon les
publics.
Vis-à-vis
des media, relais privilégié de cette information, nous
travaillons en relation étroite avec la Délégation
à l'information scientifique et technique (DIST), par le biais
de CNRS Info et du bureau de presse avec qui nous publions des
communiqués de presse pour les résultats les plus marquants
ou bien avec qui nous parti-cipons à l'organisation de rencontres,
conférences de presse ou Transversales1.
Avec
le temps qui permet de mieux se connaître, nous nouons des relations
de confiance avec certains journalistes, notamment les journalistes
scientifiques des grands media de la presse écrite. Ce lien de
confiance n'est pas toujours évident à construire : pour
les journalistes, la frontière entre communication scientifique
et communication institutionnelle peut paraître parfois floue
et il est vrai que les directions scientifiques souhaitent communiquer
sur les thématiques prioritaires dans leurs domaines ; pour les
chargés de communi-cation, qui dépendent de ces directions,
il s'agit de montrer la pertinence scientifique de l'information, d'être
à l'écoute de la demande des journalistes, de leur fournir
des dossiers de fond sur les sujets qui les intéressent et, in
fine, de les mettre en contact avec les bons interlocuteurs
qui ne seront pas nécessairement les quelques "vedettes
médiatiques" que l'on retrouve à tous les coins de
quotidiens ou de magazines ! Il s'agit de passer du "Journalistes,
chercheurs, qui manipule qui ?", thème d'un débat2
organisé il y a quelques années par l'AJSPI, au "Journalistes,
chercheurs, communicants, qui collabore avec qui ?".
Nous
sommes aussi des fournisseurs d'informations pour le Journal du CNRS
(journal interne). Cependant, ici l'information n'est pas que scientifique
: elle est là pour créer du lien entre les différents
personnels, les différentes disciplines, et il y a plus à
montrer la science en train de se faire que les résultats proprement
dits. La spontanéité d'une information émanant
directement d'un laboratoire peut être un signe du sentiment d'appartenance
à l'organisme.
Autre
cible : le "grand public", un terme qui recouvre en fait une
diversité de publics. En ce qui concerne l'IN2P33,
nous nous sommes attachés ces dernières années
à la communi-cation dans les établissements secondaires
et dans un musée scientifique.
Deux
raisons président à notre action dans les lycées
: d'une part, la participation à la formation des jeunes, moyen
de restituer à la société ce qu'on reçoit
d'elle et qui permet aux laboratoires de poursuivre la recherche ; d'autre
part, le souci d'inciter les lycéens à s'orienter vers
des études scientifiques dans un contexte de désaffectation
observé au niveau mondial. C'est pourquoi, il y a quelques années,
nous avons participé avec un groupe de physiciens à la
préparation de cinq conférences-types que, depuis lors,
des chercheurs vont régulièrement présenter dans
des classes de lycées. Actuel-lement, nous participons au travail
d'un autre groupe de chercheurs qui prépare des conférences
sur les effets de rayonnements, le traite-ment des déchets et
les questions de l'énergie.
Enfin,
au cours de l'année 2000, deux expositions ont été
présentées au Palais de la découverte. La première,
"Quand l'énergie devient matière" élaborée
par le CERN sous forme d'exposition itinérante visitant tous
les pays d'Europe, a été organisée en collaboration
étroite entre le Palais de la découverte, l'IN2P3 et le
département concerné du CEA. La seconde, " La radioactivité,
une facette de la nature ", a été réalisée
dans le cadre d'un organisme européen de réflexion prospective
en physique nucléaire. écrite en collaboration entre la
communication de l'IN2P3 et des physiciens italien, allemand et autrichien,
financée par un contrat européen, elle a été
ouverte à l'occasion de la Semaine européenne de la Science
et de la technologie, jusqu'en mars 2001.
Bien
qu'il soit difficile de séparer les différents modes de
communication entre des cases rigides et étanches, le dernier
axe concerne la communication interne au département ou à
l'institut. Celle-ci est traditionnellement assurée par la Lettre
du département. Aujourd'hui, dans le milieu de l'IN2P3 qui vit
quotidien-nement - et copieusement ! - à l'heure de l'Internet
et du courrier électronique, il nous a paru judicieux de lancer
une lettre électronique mensuelle, sur le modèle d'une
lettre électronique mise en place par le Secrétariat général
du CNRS. Depuis février 2001, "Info-express" est adressé
à tous les personnels répertoriés sur notre annuaire,
et ce nouveau mode d'information a reçu un accueil enthousiaste
des personnels.
Ces
quelques actions permettent d'illustrer l'orientation et la finalité
de notre travail. Mais la communication des départements scientifiques
s'inscrit aussi nécessairement dans la communication globale
du CNRS. Il revient aux chargés de communication scientifique
de décliner l'action du CNRS dans chaque domaine disciplinaire
ou interdisciplinaire, et de participer, lorsque c'est nécessaire,
aux actions de la DIST. La communication proprement insti-tutionnelle,
notamment vers le monde politique, reste quant à elle, du ressort
principal de la DIST, même si nous lui apportons les réponses
appropriées lorsque des questions scientifiques sont en jeu.
1) Résolument pluridisciplinaires
et conviviales, Les Transversales du CNRS réunissent autour d'un
petit-déjeuner/débat, journalistes et chercheurs de disciplines
scientifiques différentes. Elles permettent de faire le point
sur des objectifs de recherche ou des travaux de recherche dont l'enjeu
intéresse l'ensemble de la société.
2)
Débat organisé le 24 mars 1995 par l'Association des journalistes
scientifiques de la presse d'information.
3)
Institut national de physique nucléaire et de physique des particules
(CNRS/IN2P3).
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