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A
travers les media, nous avons la preuve quotidienne que l'information
qui nous arrive, celle à laquelle nous sommes sensibles, celle
qui nous interpelle, est pour une grande part véhiculée
par l'image. Image envoûtante bien sûr, attirante, qui sait
plus que tout autre media faire appel à l'émotionnel, mais
aussi, image riche dans son contenu par sa fonction de globalisation de
l'information, par la persistance du message visuel qu'elle transmet...
Si l'image scientifique est un outil de choix pour les media, par sa fonction
d'illustration et son pouvoir de séduction, sa position privilégiée
ne doit pas lui faire oublier ses "devoirs". Son mystère
suscite curiosité et questionnements et il devrait conduire quiconque
la regarde à une demande d'informations complémentaires,
pour en préciser sa lecture, pour la décrypter...
Un
exemple typique est celui des images issues de l'instrumentation utilisée
au quotidien par les chercheurs : microscopes, spectro-imageurs, télescopes,
imageurs médicaux ou stations graphiques
Ce sont des images
qui représentent l'univers invisible qui nous entoure : l'infiniment
petit, le monde des quarks et des électrons, l'intérieur
du corps humain, les étoiles et les galaxies de l'infiniment grand...
Les chercheurs y trouvent des aides à la visualisation, et parfois
peuvent y puiser les résultats de leur recherche, la vérification
de leurs théories : la trace d'une particule, la présence
d'un virus, l'absence de dopamine dans le cerveau, la vitesse et la direction
du mouvement d'une étoile.
Globalement,
ces images rendent compte d'échelles, de vitesses, de températures
et de longueurs d'ondes qui ne sont pas familières au commun des
mortels. Pourtant, elles connaissent une percée spectaculaire dans
tous les supports d'enseignement et de diffusion des sciences
voire
dans des contextes très éloignés des sciences. On
les retrouve dans des livres et des films, des calendriers, des cartes
postales, des cartes de vux, des affiches, des revues...
Cette
évolution va de pair avec les développements informatiques.
Côté sciences, c'est la multiplication des outils qui donnent
naissance aux images ; côté media, c'est le développement
d'outils propres de traitement, de "mise en scène des images"
(traitements infographiques, effets spéciaux, modélisations).
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Présentation
d'un cylindre en verre TeX. Le verre TeX appartient à la
famille des chalcogénures et est composé de tellure,
d'arsenic et de sélénium. Il présente la particularité
d'être transparent aux rayons infrarouges et suscite par conséquent
un grand intérêt dans le cadre de travaux menés
sur les lasers à verre et les fibres optiques.
© CNRS Photothèque. Photographe : DELHAYE, Claude.
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Interféromètre
millimétrique de l'Institut de radio astronomie millimétrique
(IRAM) sur le plateau de Bure dans les Hautes-Alpes (altitude 2550
mètres). Les 5 antennes captent le rayonnement électromagnétique
émis par les gaz et poussières froids à partir
desquels se forment les étoiles.
© CNRS/INSU. Photographe : GONIN Antoine.
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Différentes
étapes de l'interaction symbiotique de la luzerne "Medicago
sativa" et de la bactérie "Rhizobium meliloti".
Les gènes bactériens indispensables pour la nodulation
sont appelés gènes NOD. Ils déterminent la
production des facteurs NOD bactériens qui induisent la division
des cellules corticales de la plante-hôte et la formation
de méristèmes nodulaires. Plante entière colorée,
éclaircie et observée par microscopie à fond
noir.
© CNRS. Photographe : TRUCHET, Georges.
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Jeunes
hommes en parure traditionnelle lors d'une cérémonie
pour l'ouverture d'une église méthodiste. Tribu Huli,
hameau de Munduya, vallée de Tari, Papouasie, Nouvelle-Guinée.
© CNRS Photothèque. Photographe : BRUTTI, Lorenzo.
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Et
le public ?
Contrairement
aux chercheurs, le public possède très rarement les clefs
de ces représentations visuelles. En dehors des images qui renvoient
directement à la nature qui nous entoure, à notre échelle,
aux couleurs qui nous sont coutumières, le sens de ces images scientifiques
ne lui est pas accessible autrement que par la légende qui l'accompagne.
Tout le monde s'accorde sur la démarche de lecture d'une revue
: le lecteur commence invariablement par regarder l'image. Si celle-ci
suscite l'intérêt de quelques neurones, le regard du spectateur
glisse vers la légende. Si l'intérêt neuronal persiste,
voire se renforce, le regard glissera enfin vers le texte accompagnateur,
source réelle de l'information.
En
privant l'image de la légende et du texte qui l'accompagnent, nous
n'obtenons, bien souvent, qu'un tableau "haut en couleurs" qui
ne renvoie qu'aux valeurs artistiques du temps, aux modes en vigueur.
Le spectateur n'entretient plus alors qu'un rapport esthétique
aux images qui lui sont proposées, embellies à grands renforts
de colorisations, d'effets de flous, d'effets spéciaux, de "pixellisation"
artificielle, de solarisations
Le sens laisse place à la
séduction qui renvoie à une vision enchantée du monde.
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Particules
de virus du SIDA (VIH) bourgeonnant à la surface d'un lymphocyte
T4 infecté. Vue au microscope électronique, après
coloration.
© CNRS. Photographe : DAUGUET, Charles.
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Galaxie
spirale vue de face. Le tracé des bras est souligné
par les régions d'hydrogène ionisé par les
étoiles chaudes récemment formées. Photographie
prise au télescope de Schmidt britannique de Siding Spring
(Australie). Image numérisée par la MAMA et codée
en fausses couleurs pour la lisibilité.
© CNRS/INSU. Photographe : PLAILLY, Philippe.
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Centre
CYCERON, coupes cérébrales en Imageur par Résonance
Magnétique (IRM).
© CNRS. Photographe : MéDARD, Laurence.
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Modélisation
moléculaire sur ordinateur : visualisation du récepteur
macrocyclique "SC 24". La molécule seule.
© CNRS. Photographe : WIPFF, Georges.
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Les
temps changent
Aujourd'hui,
certains médiateurs se préoccupent, de plus en plus, du
sens des images qu'ils proposent. Mais le rapport que le public entretient
avec ces images ne pourra progresser qu'à partir du moment où
sa connaissance des instruments et des finalités de recherche qui
sous-tendent les images et qui ont prévalu à leur naissance,
aura elle-même évolué.
Certains
domaines, comme la médecine et la météorologie, nous
donnent l'exemple d'un rapport entre l'image et le spectateur, qui ne
se situe plus seulement au niveau de la forme. C'est le cas des images
obtenues à l'aide d'imageurs médicaux où le public
distingue, mieux qu'hier, une fracture de l'os sur une radiographie ;
de même un cyclone sur une image satellitaire. Le spectateur commence
aussi à voir l'absence de dopamine dans un cerveau, le déplacement
d'El Niño dans le Pacifique.
Il
y a un intérêt à cette appropriation du sens des images
par le public : éviter la fascination pure. Non que la fascination
des images soit un danger en lui-même. Mais il est facile de glisser
d'une fascination des images vers une fascination pour la science en général.
Or, la science ne se préoccupe pas du beau ou du laid, comme elle
ne se préoccupe pas du bien et du mal. Ceci est l'affaire du citoyen
et de la société.
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La
Photothèque...
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du CNRS
Toutes ces photos sont disponibles à la photothèque
du CNRS.
Contact : Marie-Odile Jacquot,
tél. : 01 45 07 56 87
mél : jacquot@cnrs-bellevue.fr
Vous pouvez également consulter le serveur de la photothèque
à l'adresse suivante :
http://www.cnrs.fr/phototheque
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Images
de Sciences
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Jean-François
Ternay est ingénieur réalisateur au CNRS Images/Médias
et réalisateur de films scientifiques. Sa mission : rendre
compte de la recherche au CNRS. Il a un DEA en Information-communication.
Il est chargé de cours à l'université Paris
5 sur l'imagerie scientifique numérisée et termine
une thèse sur l'usage social des images de sciences à
l'Université d'Orsay (Paris 11).
Dominique
Ménillet est ingénieur documentaire à la
DIST. Elle est responsable de l'indexation et de la validation
scientifique de la banque d'images de la photothèque. Diplômée
en pharmacie, elle est entrée au CNRS comme ingénieur
documentaliste, en charge de l'indexation et de la gestion des
langages documentaires pour les bases de données Pascal
et Francis de l'INIST ; elle est également experte AFNOR
et ISO (thésaurus et indexation). Elle est chargée
de cours à l'Université Paris 5 et dans le cadre
de la formation permanente (CNAM, associations professionnelles
).
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