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La
découverte d'une molécule à activité biologique
découle souvent de l'identification d'une nouvelle cible impliquée
dans un processus pathologique. La protéomique constitue aujourd'hui
une voie d'avenir pour la recherche de nouvelles cibles moléculaires.
Par cette approche, l'équipe "Protéome et physiologie
microbienne"1 cherche
à identifier les mécanismes moléculaires mobilisés
lors de la formation de biofilms et plus particulièrement ceux
susceptibles d'être impliqués dans la forte résistance
de ces cellules adhérentes aux antibiotiques.
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Jeune
biofilm de Pseudomonoas aeuginosa prise au microscope électronique
à balayage
© CNRS, Unité "Polymères, biopolymères,
membranes"
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Chez
les patients atteints de mucoviscidose, le dysfonctionnement de la protéine
CFTR (Cystic Fibrosis Transmembrane Conductance Regulator) dans les cellules
de l'épithélium pulmonaire entraîne un défaut
de perméabilité qui se traduit par la présence de
sécrétions visqueuses et peu hydratées. Ce mucus,
mal éliminé par l'activité ciliaire2,
représente une niche écologique favorable à l'implantation
et à la persistance de bactéries, en particulier de Pseudomonas
aeruginosa, organisées sous la forme de biofilms.
La
réponse immunitaire des malades est généralement
inefficace sur les bactéries des biofilms, les exopolymères
masquant les sites d'opsonisation3.
L'autre caractéristique de ces biofilms est leur extraordinaire
résistance aux antibiotiques. Il est par conséquent nécessaire
de trouver de nouvelles molécules permettant de lutter plus efficacement
contre les bactéries adhérentes. Cet objectif passe par
l'identification de nouvelles cibles moléculaires.
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Protéome
et analyse protéomique
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Carte protéomique de Pseudomonas aeruginosa
© CNRS, Unité "Polymères, biopolymères,
membranes"
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 Le
terme protéome désigne la totalité de la partie
protéique exprimée dans une cellule, un tissu ou un
organisme donnés. L'analyse protéomique désignant
un concept dynamique peut être définie ainsi : c'est
l'utilisation de la quantification au niveau de la protéine
comme mesure objective de l'expression génique caractérisant
un processus biologique donné (processus physio-logique ou
pathologique, effet des médicaments, de l'environnement
)
et comme moyen de décodage des mécanismes contrôlant
cette expression.

L'analyse protéomique comporte trois étapes :
La
séparation des protéines contenues dans l'échantillon
biologique étudié. Cette étape fait le plus
souvent appel à l'électrophorèse bidimensionnelle
qui permet de séparer simultanément plusieurs centaines
voire des milliers de polypeptides.
Le
traitement et la mise en image de la séparation protéique
qui aboutit à l'établissement d'une véritable
carte protéique et à la quantification relative
de chaque protéine.
L'identification
et la caractérisation des protéines qui est
le plus souvent réalisée grâce aux techniques
de spectrométrie de masse.
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Après
identification des protéines spécifiquement exprimées
ou sur-exprimées par les cellules de P. aeruginosa adhérentes,
les scientifiques de l'équipe "Protéome et physiologie
microbienne" ont recherché celles impliquées dans la
résistance de ces cellules aux antibiotiques et donc susceptibles
de servir de cibles pour de nouveaux médicaments. Ils ont ainsi
montré que 25 % du protéome est modifié chez P.
aeruginosa lorsque les bactéries sont cultivées sous
la forme de biofilm. Un grand nombre de protéines spécifiquement
exprimées par les cellules de P. aeruginosa adhérentes
ont d'ores et déjà été identifiées.
La caractérisation de ces protéines devrait permettre d'initier
de nouvelles études portant sur le rôle de ces molécules
dans la résistance des biofilms et sur le potentiel de certaines
d'entre elles à servir de nouvelles cibles.
Références
bibliographiques :
Perrot,
F., Hebraud M., Junter, G.-A. and T. Jouenne. Cell immobilization induces
changes in the protein response of Escherichia coli K-12 to a cold shock.
Electrophoresis. 2001, 22, 2110-2119.
Thebault
S., Machour, N., Perrot, F., Jouenne, T., Lange, C., Hubert, M., Fontaine,
M.,
Tron, F. et Charlionet R. Objet et évolution méthodologique
de l'analyse protéomique. Médecine/Sciences. 2001,
17 : 609-618.
Adresse
du serveur :
http://www.univ-rouen.fr/pbm
1
CNRS-Université de Rouen.
2
Mouvement des cils recouvrant l'épithélium pulmonaire.
3
Opsonisation, du grec opson, préparer les victimes : c'est le
phénomène de recouvrement de micro-organismes ou d'autres
particules par l'anticorps et/ou le complément afin de préparer
à la reconnaissance et à l'ingestion par les cellules
phagocytaires.
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