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Le
Large Hadron Collider (LHC), collisionneur(1)
proton sur proton dénergie de centre de masse de 14 TeV en
construction au CERN (Genève), a été conçu
comme une machine de découverte. La prise de données au
LHC débutera en 2007 et servira notamment à rechercher le
boson de Higgs et à tester les modèles décrivant
de nouvelles échelles dénergie, comme la super-symétrie.
Six laboratoires(2) de l'Institut
national de physique nucléaire et de physique des particules (IN2P3)
du CNRS et le CEA de Saclay sont engagés dans la construction dATLAS
(A Toroidal LHC Apparatus), lun des deux détecteurs généralistes
qui uvreront auprès du LHC. Grâce à ce nouveau
dispositif, dès 2008, le boson de Higgs ne devrait plus jouer les
Arlésiennes !
Construit par une collaboration de 1 500 scientifiques, ATLAS est composé
de plusieurs sous-détecteurs : les détecteurs centraux
conçus pour identifier les traces très près du point
dinteraction des protons ; le calorimètre électromagnétique
permettant didentifier et de mesurer lénergie des photons
et des électrons ; et le calorimètre hadronique.
Le tout est entouré par des détecteurs à muons. LIN2P3
est impliqué dans la conception et la construction de tous les
sous-détecteurs, ainsi que dans lélectronique, le
software et le système dacquisition de données dATLAS.
La calorimétrie tient un rôle important dans la plupart des
analyses de physique, tant du point de vue de la mesure de l'énergie
des particules individuelles et de leur identification que celui de la
mesure du flot d'énergie total à travers le détecteur.
LIN2P3 et le CEA-Saclay sont engagés dans la construction
d'une composante essentielle du système calorimétrique d'ATLAS
: le calorimètre électromagnétique (voir encadré).
Les deux dernières années ont vu le passage de la phase
de conception à celle de construction. Ainsi, environ la moitié
des modules du tonneau, le tiers des modules des bouchons et le quart
des modules du pré-échantillonneur ont été
construits. La fin de la construction est prévue pour la fin 2003.
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LE
CALORIMÈTRE ÉLECTROMAGNÉTIQUE
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| Le
calorimètre électromagnétique est fait dune
alternance de plaques de plomb (qui « freinent » les
particules) et d'espaces remplis d'argon liquide (où se déposent
des charges créées par les particules qui le traversent,
recueillies par des électrodes de lecture pour former un
signal électrique). Il comporte un cylindre central (tonneau),
deux « roues » aux extrémités (les bouchons)
et un pré-échantillonneur, pour tenir compte des pertes
d'énergie en amont du système. La taille de ce dernier
(environ 8 mètres de long sur 4,5 mètres de diamètre),
la géométrie en accordéon de ses composants
(permettant notamment de réduire les espaces morts), et le
nombre élevé de canaux d'électronique (environ
200 000, assurant une fine granularité), sont autant de défis
techniques qui ont été relevés. |
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©
CNRS.
Un module du calorimètre électromagnétique
bouchon prêt pour les tests dans l'argon liquide. |
L'IN2P3
est également engagé dans l'ensemble cryostats-cryogénie,
qui représente une partie importante du détecteur à
argon liquide. Les trois cryostats requis supportent le poids des détecteurs
et du bain de liquide (plusieurs centaines de tonnes), et isolent sous
vide le calorimètre du monde extérieur, la sortie des signaux
étant assurée par près de 200 000 traversées
étanches. En 2004, un test global à froid intégrant
tous les modules câblés du calorimètre dans les cryostats
sera effectué avant leur descente dans la caverne dATLAS.
Le calorimètre à tuiles scintillantes (calorimètre
dit hadronique, TileCal) qui entoure le calorimètre électromagnétique
à argon liquide permet la mesure de l'énergie des hadrons
(classe de particules dont les plus connues sont les protons et les neutrons)
qui ne déposent qu'une partie de leur énergie dans le calorimètre
à argon liquide. Le Laboratoire de physique corpusculaire de Clermont-Ferrand
est lun des acteurs majeurs de la conception et de la construction
(assemblage de l'électronique frontale) du TileCal, dune
masse totale de 2 900 tonnes. Environ 80 % des modules du TileCal ont
déjà été produits, lensemble de la production
devant s'achever fin 2003.
Situé au cur d'ATLAS, le détecteur à Pixels
est le premier détecteur rencontré par les particules issues
de la collision entre protons et permet de mesurer leurs trajectoires
avec une précision de l'ordre d'une dizaine de micromètres.
Le Centre de physique des particules de Marseille a été
très impliqué dans la conception des cellules de détection
et de lélectronique de lecture, particulièrement complexes,
dont la production devrait commencer prochainement. Sa participation à
ce projet s'oriente maintenant vers l'assemblage mécanique d'une
partie du détecteur.
Avec une collision des paquets de protons toutes les 25 nanosecondes,
le volume des données générées sera gigantesque.
LIN2P3 (Marseille) contribue au système de sélection
de haut niveau des événements ainsi quà la
définition des moyens nécessaires pour traiter ces données
(projet DataGrid). Lenjeu de ce projet est de pouvoir accéder
aux moyens de calcul intensif via un réseau à très
haut débit et un partage à grande échelle des ressources.
Ce projet est né des nécessités des grandes expériences
de physique des particules et a aussi vocation à souvrir
vers de nombreux domaines scientifiques.
Le détecteur ATLAS au LHC permettra de mesurer les caractéristiques
du boson de Higgs avec une grande précision, sil existe,
et sera un puissant outil pour la recherche de nouveaux phénomènes.
à noter donc dans les agendas : 2007 devrait être une année
phare pour la physique des particules.
1
Avant le LHC, le Large Electron Positron collider (LEP) a permis, entre
1989 et 2000, de mesurer, avec une précision au-delà de
toute attente, les paramètres du modèle décrivant
les particules élémentaires (le Modèle Standard)
; de prédire ainsi la masse du quark top et celle du boson de Higgs
; et de tester le modèle et ses calculs extrêmement prédictifs.
2 Centre de physique des particules de Marseille (CNRS-Université
Aix-Marseille 2), Institut des sciences nucléaires de Grenoble
(CNRS-Université Grenoble 1), Laboratoire de laccélérateur
linéaire dOrsay (CNRS-Université Paris 11), Laboratoire
dAnnecy-le-Vieux de physique des particules (CNRS-Université
de Savoie), Laboratoire de physique nucléaire et des hautes énergies
de Paris (CNRS-Universités Paris 6 et 7), Laboratoire de physique
corpusculaire de Clermont-Ferrand (CNRS-Université Blaise Pascal).
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