Des pluies de particules qui réchauffent l'atmosphère de Jupiter

15/5/97
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Des chercheurs du Département de recherche spatiale (DESPA, CNRS-Observatoire de Paris), à Meudon, et du SouthWest Research Institute (San Antonio, Texas, USA) ont développé un modèle concernant le « chauffage » de l'atmosphère jovienne (1). Ce modèle tendrait à prouver que le réchauffement de certaines parties de l'atmosphère supérieure de Jupiter, observée par la sonde Galileo, serait dû, pour partie, à une précipitation de particules provenant de la magnétosphère jovienne. Des ondes de gravité, de même nature que celles présentes dans l'atmosphère terrestre, seraient également à l'Ïuvre dans ce processus de réchauffement, d'après d'autres auteurs (2).

Les mesures de la sonde de descente de Galileo ont montré que l'atmosphère supérieure de Jupiter, dans la partie appelée thermosphère, à 500 km au-dessus du niveau des nuages, est à des températures beaucoup plus élevées, de l'ordre de 1000 K, que celles attendues dans le cadre d'un modèle fonctionnant en équilibre avec le rayonnement solaire (200 K seulement). Ce résultat, obtenu par la sonde Voyager, a été confirmé de manière très précise par Galileo, qui a aussi pu mesurer les variations du profil de température avec l'altitude.
Deux explications principales sont avancées pour expliquer ces températures :
- la dissipation d'ondes atmosphériques provenant des couches plus profondes provoque une élévation de température de l'atmosphère supérieure. Il s'agirait d'ondes de gravité, sortes de vagues provoquées par les oscillations de l'atmosphère thermiquement stable. De telles ondes sont couramment observées dans la stratosphère terrestre.
- l'atmosphère supérieure est chauffée par des précipitations de particules provenant de la magnétosphère, comme dans les zones de précipitations aurorales, près des pôles. Des mesures en rayons X obtenues par le satellite germano-américain ROSAT mettent en évidence directement la présence de telles précipitations dans les régions proches de l'équateur comme celles sondées par Galileo. Ces mesures montrent que les interactions entre la magnétosphère et l'atmosphère de Jupiter doivent être prises en compte dans le bilan énergétique de l'atmosphère supérieure. Un modèle décrivant le chauffage atmosphérique par de telles précipitations a été mis au point au DESPA.
La comparaison des bilans des deux explications montre que toutes deux sont probablement à l'Ïuvre pour expliquer le chauffage de la thermosphère de Jupiter. Un problème soulevé par les observations Voyager en 1979 est donc en voie d'être résolu grâce aux observations conjointes de Galileo et de ROSAT.

(1) - J. H. Waite, G. R. Gladstone, W. S. Lewis, P. Drossart,
T. E. Cravens, A. N. Maurellis, B. H. Mauk and S. Miller. Science, 276, 104 (1997)
(2) - Young et al. : Science, 276, 108 (1997) - Seiff et al. : Science, 276, 102 (1997).