Accueil du site > Histoire du CNRS > Directeurs Généraux du CNRS
Rechercher
Frédéric Joliot
9 avril 2010

Frédéric Joliot (1900 - 1958) , Directeur du CNRS de 1944 à 1946
Tout Joliot en une page ? Non, bien évidemment. Il faut faire des choix, forcément incomplets, nécessairement imparfaits, fatalement insuffisants. Contentons-nous de deux dates : 1930 et 1944.
En 1930, le CNRS n’existe pas encore. Mais une Caisse nationale des sciences vient d’être instituée par le gouvernement Tardieu. Elle est destinée à financer la retraite des savants. Jean Perrin parvient toutefois à convaincre le ministre Pierre Maraud d’y adjoindre des bourses destinées aux jeunes chercheurs. Où trouver l’argent nécessaire ? En amputant les crédits de construction de la ligne Maginot de quelques millions. Après bien des hésitations, les autorités donnent leur aval. C’est ainsi qu’une caisse de retraite utilise une partie du budget de la Défense nationale pour encourager les scientifiques en herbe. Parmi eux, un jeune homme d’une trentaine d’années, élève de Paul Langevin. La bourse lui permet d’achever sa thèse au sein de l’Institut du Radium et de poursuivre ses travaux, avec sa femme Irène, sur la radioactivité. La suite de l’histoire est connue.
20 août 1944. Au lendemain de l’appel à l’insurrection nationale, les membres du Front national universitaire prennent possession du ministère de l’Instruction publique. Henri Wallon, désigné comme secrétaire provisoire par le Conseil national de la Résistance, s’installe rue de Grenelle. Il signe les premières mesures de révocation des fonctionnaires de Vichy et désigne leurs remplaçants. Parmi eux figurent de nombreux communistes, Gustave Roussy au rectorat de Paris, Marcel Cohen au secrétariat général du ministère et Frédéric Joliot à la direction du CNRS. Le nouveau patron du Centre s’attèle immédiatement à la tâche et réunit des scientifiques parisiens pour arrêter un “projet d’organisation de la recherche scientifique”*. Il est convaincu de l’importance de l’enjeu : “Si une bombe tombait ici en ce moment et nous détruisait, ce serait plus grave que si elle tombait sur un gouvernement… on retrouverait immédiatement des membres pour ce gouvernement, mais on ne retrouverait pas les hommes capables de créer et de travailler.”*
Denis Guthleben
Attaché scientifique
Comité pour l’histoire du CNRS
* Procès-verbal de la réunion des comités directeurs du 18 septembre 1944







