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Georges Teissier

9 avril 2010

Georges Teissier (1900 - 1972), Directeur du CNRS de 1946 à 1950

Georges Teissier est avant tout un homme de science, et un homme qui vit pour la science. Sa carrière est intimement liée à la station de biologie marine de Roscoff, où il entre en 1928 comme chef de travaux, tout en préparant sa thèse. Il se consacre alors à des recherches de biométrie, joignant dans l’étude statistique de la croissance des organismes vivants ses deux passions, la biologie et les mathématiques. Peu à peu, ce chemin le conduit à se préoccuper des questions de génétique évolutive, qu’il aborde dès ses premiers cours à la Sorbonne, en 1945, en tant que professeur titulaire de la chaire de zoologie, avant de prendre la direction du laboratoire de génétique évolutive du CNRS à Gif-sur-Yvette.

Difficile toutefois de parler de Georges Teissier sans aborder aussi ses autres engagements. Engagement dans la Résistance dès les premiers jours de l’Occupation, tout d’abord. Il est en effet l’un des fondateurs du Front national universitaire, puis il entre aux FTP. Appelé à rejoindre la direction des FFI, il figure parmi les signataires de l’ordre d’insurrection nationale d’août 1944. Engagement politique, également, au sein du parti communiste. Le savant tente d’ailleurs d’opérer le périlleux rapprochement entre ses opinions et ses travaux. En 1946, il donne une conférence à la Sorbonne intitulée “Matérialisme dialectique et biologie”. Et il surprend son auditoire en annonçant que “lorsqu’il fait de bonne science, un savant fait très souvent de la dialectique matérialiste sans le savoir”.

A la Libération, c’est à la fois le savant reconnu, le résistant actif et le communiste engagé que Frédéric Joliot-Curie choisit comme directeur adjoint du CNRS, avant de lui céder son fauteuil, en février 1946, au moment de la création du CEA. La situation du Centre n’est alors pas évidente. Ses moyens sont limités dans un contexte général de pénurie. Surtout, sa mission de coordination est critiquée au sein de l’Université, d’une part – la nomination du professeur Teissier à la tête du CNRS peut en partie être interprétée comme un moyen de rassurer ses pairs universitaires –, et par les autres organismes de recherche d’autre part, y compris le tout nouveau CEA.


Denis Guthleben
Attaché scientifique
Comité pour l’histoire du CNRS