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Gaston Dupouy

9 avril 2010 (Modifié le 21 avril 2010)

Gaston Dupouy (1900 - 1985), Directeur du CNRS de 1950 à 1957

Gaston Dupouy prend la tête du CNRS en 1950, après le départ de Georges Teissier. Proche du président de la République Vincent Auriol, le nouveau directeur a déjà l’expérience de l’organisme. Il siège en effet depuis 1946 à la section de physique du Comité national de la recherche scientifique. Et il a fait ses armes de chercheur au sein du laboratoire du grand électro-aimant d’Aimé Cotton, avant de rejoindre la faculté des sciences de Toulouse où il occupe la chaire de physique et œuvre dans le domaine de la microscopie électronique.

Ses collègues remarquent d’emblée le franc-parler de cet homme de petite taille qui ne s’en laisse pas compter. Charles Gabriel, qui dirige le secrétariat général du Centre, se souvient ainsi de son intervention lors de la réunion plénière organisée en Sorbonne en 1948 : "Elle était présidée par Teissier. Celui-ci fait son exposé et tout d’un coup je vois surgir dans la salle un petit bonhomme qui se lève et qui se met à apostropher Teissier : "Qu’est-ce que c’est que ce CNRS qui ne fait rien. Ah ! Si j’étais directeur, vous verriez ce que vous verriez.…" et j’en passe. Moi, je me suis dit : "Qu’est-ce que c’est que ce petit bonhomme ? Si, par hasard, on l’a un jour comme directeur, ça ne va pas être marrant". Et on l’a eu !"

En prenant ses fonctions, le physicien affiche son ambition : faire du CNRS un organisme de pointe pour "l’étude des disciplines nouvelles qui n’entrent pas dans le cadre des enseignements classiques des universités". Sous sa direction, le Centre connaît un essor rapide, un premier âge d’or qui préfigure déjà celui de la décennie gaullienne. Il crée également la Médaille d’or du CNRS, qui récompense les travaux d’Émile Borel (1954), de Louis de Broglie (1955) et de Jacques Hadamard (1956). Puis vient le tour de Gaston Dupouy lui-même, en 1957, peu après son départ de la direction générale et son retour à Toulouse, où il prend la tête d’un Institut d’optique flambant neuf.


Denis Guthleben
Attaché scientifique
Comité pour l’histoire du CNRS