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Bernard P. Gregory

9 avril 2010 (Modifié le 21 janvier 2011)

Bernard P. Gregory (1919 - 1977) , Directeur du CNRS de 1973 à 1976

"J’ai connu Bernard Gregory en 1938, lors de son entrée à l’X comme major. J’étais jeune professeur et je le voyais au premier rang de l’amphi avec son allure très exceptionnelle : un mélange d’équilibre, d’intelligence, de sportivité, un sourire accueillant, un grand charme dans son visage lumineux". En rendant hommage à son élève, disparu en 1977, Louis Leprince-Ringuet ne cache pas son admiration pour un chercheur qu’il classe sans hésiter parmi les "grands Seigneurs de la Science".

Major d’entrée et de sortie de la promotion 1938 de l’école Polytechnique, Bernard P. Gregory se rend aux États-Unis à la Libération, où il étudie les particules fondamentales par le moyen des rayonnements cosmiques. De retour en France, Louis Leprince-Ringuet l’accueille au sein de son laboratoire. Plusieurs aventures attendent le jeune chercheur.

La première a lieu à l’observatoire du Pic du Midi, où sont détectées les interactions des rayons cosmiques, et découvertes certaines propriétés des mésons, des mésons lourds et des hypérons. Vient ensuite l’aventure du CERN, avec la mise en service du synchrotron européen. Bernard P. Gregory prend la direction d’une réalisation audacieuse à l’époque : une grande chambre à bulles, remplie d’hydrogène liquide à basse température, grâce à laquelle plus de dix millions de photographies d’interactions nucléaires sont prises et distribuées dans tous les laboratoires européens.

Après avoir dirigé le CERN pendant cinq ans, de 1965 à 1970, puis le laboratoire de l’X, Bernard P. Gregory est sollicité pour le poste de directeur général du CNRS, qu’il occupera de 1973 à 1976. Cette mission - car il s’agit bien d’une mission -, le physicien l’accepte comme à regret. Il sait en effet devoir sacrifier à cette nouvelle aventure d’administration de la science, une grande partie de son temps d’enseignement et de recherche. Car les projets foisonnent au CNRS pendant cette période, qui correspond, entre autres, à la mise en place des premiers programmes interdisciplinaires de recherche et à la création du département des sciences pour l’ingénieur.

Après son départ du Centre, Bernard P. Gregory suit les traces de son prédécesseur, Hubert Curien, en devenant délégué général de la recherche scientifique et technique. Il disparaît peu après, en décembre 1977, à l’âge de 58 ans.


Denis Guthleben
Attaché scientifique
Comité pour l’histoire du CNRS