Accueil du site > Histoire du CNRS > Directeurs Généraux du CNRS




Rechercher

Sur ce site

Sur le Web du CNRS


Hubert Curien

9 avril 2010

Hubert Curien (1924 - 2005), Directeur du CNRS de 1969 à 1973

« Vous ne réussirez pas à me faire évoquer de mauvais souvenirs de ma période de direction du CNRS ! » Lorsqu’on a exercé une fonction aussi exposée aux critiques que celle de directeur général du Centre, une telle déclaration peut surprendre. C’est pourtant ainsi qu’Hubert Curien se confiait, il y a quelques années de cela, aux historiens qui l’avaient sollicité.

Un optimiste, Hubert Curien ? Oui, assurément, ainsi qu’on le constate souvent chez ceux qui ont gravi, à force de travail, tous les échelons, de la base au sommet : fils d’une institutrice et d’un receveur municipal de Cornimont, dans les Vosges - un bourg de 4 000 habitants en 1924 -, Hubert deviendra successivement "Monsieur le directeur général" (du CNRS), "Monsieur le président" (du CNES) et "Monsieur le ministre" (de la Recherche, dans quatre gouvernements, Fabius, Rocard, Cresson et Bérégovoy).

Un optimiste, donc, mais aussi un diplomate dans l’âme : dans sa bouche, peu de regrets, moins de reproches encore, mais toujours la phrase juste qui permet de négocier, de réconcilier ou de résoudre. Car Hubert Curien aime établir des contacts, nouer des relations. Sous sa direction, l’ouverture du Centre connaît un essor nouveau : vers l’Université, avec la multiplication des contrats d’association, vers l’étranger, avec l’accroissement des échanges de chercheurs et la définition de projets européens, vers l’industrie, enfin, avec la mise en place du comité des relations industrielles.

Diplomate et optimiste ? écoutons l’hommage que lui rend l’un de ses successeurs au CNRS, Robert Chabbal, le 14 mars 2005 devant l’Académie des Sciences : « Hubert Curien s’imposa tout de suite comme un grand patron, toujours serein, mais d’une fermeté de roc ; visionnaire certes mais toujours pragmatique […] Il me disait parfois et c’est ainsi que je conclurai : "Personne n’est parfait, les chercheurs pas plus que d’autres. Mais la Science est belle et la recherche mérite notre respect". »


Denis Guthleben
Attaché scientifique
Comité pour l’histoire du CNRS