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Pierre Jacquinot

9 avril 2010

Pierre Jacquinot (1910 - 2002), Directeur du CNRS de 1962 à 1969

« J’étais un gosse de 23 ans à la noble fonction de préparateur temporaire à la faculté des sciences de Nancy. J’avais commencé à faire un peu de recherche, mais naturellement avec des moyens minables. Il s’agissait d’une fonction précaire, mal payée, mais d’un titre dont je suis resté très fier, peut-être celui dont je suis encore le plus fier ». C’est ainsi que Pierre Jacquinot, devenu directeur général du CNRS en 1962, se souvient de ses modestes débuts dans la recherche scientifique, trente ans plus tôt.

Titulaire d’une bourse de la Caisse nationale des sciences, il rejoint en 1933 le laboratoire du grand électro-aimant d’Aimé Cotton à Meudon-Bellevue. Alors qu’à Nancy, « si on pouvait obtenir un petit appareil de rien du tout, c’était le bonheur », le voilà donc dans l’un des laboratoires français les plus prestigieux, équipé du premier grand instrument national et dirigé par une figure de premier plan de la recherche française. L’activité y est soutenue : « En ce temps-là, on arrivait au laboratoire à 8h et on repartait à 19h. On venait le samedi et souvent une partie du dimanche. Comme on dit aujourd’hui, c’était dingue ! »

A l’inverse de son prédécesseur Jean Coulomb, Pierre Jacquinot reconnaît avoir été un « patron dirigiste » à la tête du Centre, une habitude qu’il a prise au contact d’Aimé Cotton et qu’il a perpétuée en prenant sa suite à la direction du laboratoire de Bellevue en 1951. « Ce n’est pas que j’ai le goût de l’autorité, rappelle-t-il ultérieurement, mais je pense qu’une responsabilité ne se partage pas ». Dirigiste, mais pas « impérialiste » : il crée les directions scientifiques en 1966 pour assister le directeur général et, la même année, introduit une réforme fondamentale dans l’histoire du Centre : la création des laboratoires associés, qui lient plus étroitement le CNRS à l’Université, « sans supprimer une concurrence bénéfique » entre les deux piliers de la recherche publique française.


Denis Guthleben
Attaché scientifique
Comité pour l’histoire du CNRS