Le CNRS
   Accueil > La Délégation à votre service > Prévention et Sécurité au quotidien > Prévenir les risques > Biologie > Guide d’évaluation du risque biologique

Guide d’évaluation du risque biologique

L’analyse du risque biologique
Source : INSERM / Initiation à la prévention des risques professionnels

Analyser un risque biologique au laboratoire,
c’est essayer d’apporter une réponse aux questions suivantes :

Par quoi peut-on être contaminé ?
Quelles seraient les effets d’une contamination ?
Dans quelles activités peut-on se contaminer ?
Quelles sont les personnes exposées ?
Où se situe le danger ?
Comment peut-on se contaminer ?
Avec quelle probabilité ?


Par quoi peut-on être contaminé ?

Les agents de contamination peuvent être :

  • un microorganisme pathogène pour l’homme (bactérie, virus, champignon, parasite),
  • la protéine prion,
  • une lignée cellulaire immortalisée,
  • un organisme génétiquement modifié (OGM).


Quelles seraient les effets d’une contamination ?

Ces effets peuvent être de quatre types :

  • infection ou infestation,
  • toxi-infection,
  • allergie,
  • implantation d’une tumeur.


Dans quelles activités peut-on se contaminer ?

On pourra se contaminer lors de manipulation :

  • de microorganismes pathogènes,
  • d’animaux d’expérimentation,
  • d’échantillons biologiques,
  • de cultures cellulaires,
  • d’OGM. 

ainsi que lors des opérations :

  • d’entretien des locaux,
  • de maintenance des équipements et du matériel,
  • de collecte des déchets.


Quelles sont les personnes exposées ?

Le risque est évidemment maximal à l’intérieur du local de travail, mais il peut aussi être exporté en dehors de cette pièce, voir en dehors du laboratoire (dissémination par accident ou par non respect des consignes de sécurité). On peut ainsi distinguer trois cercles de personnes pouvant être exposées à une contamination, qui correspondent à trois ordres de probabilités de contamination :

  • Les manipulateurs et leurs collègues proches, mais aussi les personnels chargés de l’entretien des locaux, de la collecte des déchets, ou de la réparation ou de la maintenance du matériel,
  • les autres personnes présentes au laboratoire, ainsi que les proches (famille) des manipulateurs,
  • et dans le cas le moins probable, le reste de la population.


Où se situe le danger ?

Un danger biologique peut être localisé :

  • dans des cultures (microorganismes, cellules eucaryotes, OGM...),
  • dans des prélèvements biologiques, y compris sous forme de coupe de microscopie,
  • au niveau des animaux, qu’ils soient infectés expérimentalement ou non, ainsi que leurs litières,
  • sur du matériel ou de la vaisselle souillés,
  • dans des appareils ou automates,
  • sur des paillasses,
  • dans les déchets.


Comment peut-on se contaminer ?

Plusieurs voies peuvent être empruntées par l’agent biologique pour pénétrer dans un organisme :

  • La voie respiratoire est souvent la voie d’entrée principale d’une contamination en laboratoire. Elle est empruntée par les aérosols (fines particules solides ou liquides) qui constituent un support physique pour des agents biologiques. A la paillasse, de nombreux gestes sont générateurs d’aérosols : pipetage, transvasement et mélange de liquide, broyage de tissus, sonication, coupe au microtome, centrifugation, ouverture de tubes, flambage d’anse de platine, manipulation de litières... Les aérosols peuvent aussi être impliqués dans les autres modes de contamination, mais c’est la voie respiratoire qui est leur voie de prédilection.
  • La voie digestive sera impliquée lors de pipetage à la bouche, d’onychophagie (se ronger les ongles), de consommation d’aliments ou de boissons ou de tabagie à la paillasse.
  • La voie oculaire se rencontre lorsque des projections atteignent l’oeil.
  • Enfin, la voie cutanée regroupe les situations où une contamination se fait soit à travers une peau saine, soit à travers une peau abîmée. Des microorganismes (Brucella par exemple) peuvent franchir une peau saine ; certains composés chimiques (DMSO par exemple) facilitent ce passage. Les piqûres (aiguilles de seringue, pipettes Pasteur), les coupures (verrerie ébréchée, lame de scalpel), les griffures ou morsures d’animaux, sont toutes des occasions de contamination. Il en est de même avec une plaie ou une dermatose qui sont également des voies d’entrée possibles pour un microorganisme pathogène.


Avec quelle probabilité ?

  • La probabilité d’être exposé à un danger est un paramètre important dans une analyse de risque. Mais il est rare que dans une manipulation de biologie on puisse attribuer à un danger un pourcentage précis de survenue. Tout au plus, pouvons-nous parfois l’approcher de façon très approximative en appréciant par exemple l’infectiosité de l’agent biologique ou sa résistance dans un milieu extérieur. Cela peut cependant suffire à déterminer à quelle(s) étape(s) de l’expérience se situe réellement le risque.
  • Les réponses à ces questions permettent à l’expérimentateur de définir les moyens et modes de prévention à mettre en oeuvre, ainsi que les étapes auxquelles ils doivent être appliqués.
  • Cette analyse de risque est partiellement faite pour le travail sur les microorganismes pathogènes pour l’Homme (classés par la réglementation) ou les OGM (classés pa la Commission de Génie Génétique). Dans d’autres cas, elle peut ne pas poser de gros problèmes, mais il arrive parfois qu’elle soit difficile, par exemple lors du travail avec de nouveaux pathogènes, des cultures cellulaires ou des animaux sauvages.
 

Rechercher


sur le site de la délégation
Le CNRS Accueil Crédits Crédits Le CNRS Annuaires Mots clefs CNRS Autres sites Accueil Imprimer Contact Crédits Plan d'accès Plan du site