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Histoire
Communiqué de presse, Paris le 7 juin 2004
Gérard Mégie, président du
CNRS, nous a quittés
C'est avec une très grande émotion et une
profonde tristesse que le CNRS a appris le décès
de Gérard Mégie, son président en exercice,
le 5 juin 2004, à l'âge de 58 ans, des suites
d’une longue maladie.
Président du CNRS depuis novembre 2000, Gérard Mégie a lancé une
importante réflexion stratégique qui a permis l'élaboration
du « Projet d'établissement », sur lequel reposait le premier
contrat d'action pluriannuel du CNRS signé avec l'Etat en mars 2002. Sous
son impulsion, le conseil d'administration du CNRS a adopté, en juin 2003,
une prise de position publique exprimant les inquiétudes du conseil face à la
situation financière précaire de l'établissement. En mars
2004, Gérard Mégie a présenté avec Bernard Larrouturou,
directeur général du CNRS, leur « Projet pour le CNRS »,
qui permettra à l’organisme d’évoluer en profondeur,
et qui constitue une importante contribution au débat actuel sur l’avenir
de la recherche française.
Acteur de la construction de l'Espace européen de la recherche, Gérard
Mégie est l'initiateur du colloque « Europe de la recherche
: objectif 2010 » que le CNRS organise les 8 et 9 juillet prochains, à Paris.
Profondément engagé en faveur du développement du dialogue
entre la science et la société, il est aussi à l’origine
de la refondation en 2002 du Comité d’éthique du CNRS.
Pour Bernard Larrouturou, « Gérard Mégie était
un scientifique de renommée mondiale, et aussi un homme de grande culture,
humaniste et pédagogue, apprécié de tous pour son ouverture
d’esprit, sa rigueur intellectuelle et sa finesse d’analyse. Faisant
preuve d’une constante attention aux autres, toujours accompagnée
de chaleur et de simplicité, Gérard Mégie laisse dans la
communauté scientifique de très nombreux amis. Son départ
laisse à la tête du CNRS un vide très douloureux ».
Un grand spécialiste de l’atmosphère
et du climat
Les recherches de Gérard Mégie en physique et chimie de l’atmosphère
terrestre l’ont conduit à jouer un rôle primordial dans l’étude
de l’ozone stratosphérique. Ses principaux travaux ont concerné le
développement de méthodes de mesures originales des variables atmosphériques
par sondage laser, et la modélisation de la variabilité naturelle
de l’ozone et de son évolution sous l’influence des activités
humaines. Il a participé à la mise en œuvre de nombreux moyens
d’observation de l’atmosphère depuis le sol et différentes
plates-formes embarquées (avion, ballon, satellite) et coordonné plusieurs
campagnes d'étude de l'ozone dans les régions polaires, arctiques
et antarctiques. Il a également travaillé sur les liens entre l’évolution
de la composition chimique de l’atmosphère et les problèmes
de changement climatique, ainsi que sur leurs impacts économiques et sociaux.
De 1989 à 1991, Gérard Mégie a été directeur
scientifique des sciences de la Terre et de l'Univers à la direction de
la recherche et des études doctorales du ministère de l'Education
nationale. En sa qualité d'enseignant-chercheur soucieux de l'insertion
des étudiants et de l'harmonisation européenne et internationale
des diplômes, Gérard Mégie a contribué à inspirer
l'élaboration de la réforme du LMD (Licence, Master, Doctorat)
et s'employait à sa mise en œuvre, en donnant vie notamment au concept
d'école doctorale.
Une renommée internationale
Gérard Mégie a largement contribué à la structuration
de la recherche dans les domaines de l’environnement et de l’espace
tant au plan national, au sein de l’Institut National des Sciences de
l’Univers (INSU/CNRS) et du CNES, qu’aux plans européens
et internationaux. Ayant exercé de nombreuses responsabilités
au sein du Comité national de la recherche scientifique, très
actif au sein du département des sciences de l’univers du CNRS,
Gérard Mégie a présidé, à l’INSU,
la commission spécialisée Océan-Atmosphère, de
1991 à 1999. De 1999 à 2000, il a présidé le Comité de
coordination des sciences de la planète et de l’environnement
auprès du ministre chargé de la Recherche. Depuis 2000, il présidait
le Comité des programmes scientifiques du CNES. Au plan international,
il a notamment présidé la Commission internationale de l’ozone
du conseil scientifique des unions internationales (ICSU) (1988-1996), le Comité scientifique
pour l’observation de la Terre de l’Agence spatiale européenne
(ESA) (1994-1999), le Comité scientifique « stratosphère » de
la Commission européenne (1989-2004). Il co-présidait le Comité scientifique
international auprès des parties au Protocole de Montréal pour
la protection de la couche d’ozone. A ce titre, il a assuré la
coordination des rapports internationaux sur l’état de la couche
d’ozone stratosphérique en 1998 et 2002. Il était également
membre, depuis 2001, du European Research Advisory Board (EURAB) de la Commission
européenne et, depuis 2003, du High Level Political Expert Group on
European Research Council (ERCEG) de l'Union européenne.
Gérard Mégie est l’auteur de plus de 240 publications scientifiques
et de deux ouvrages : Stratosphère et Couche d'Ozone (Editions
Masson) (1991) et Ozone, l'équilibre rompu (Presses du CNRS)
(1989). Il a également coordonné deux rapports de l’Académie
des Sciences : Ozone et propriétés oxydantes de la troposphère (1993),
et Ozone stratosphérique (1998), parus aux Editions
Lavoisier.
Ses travaux lui ont valu de nombreux prix et récompenses : Médaille
d’argent du CNRS (1987), Grand prix de l’Union internationale des
associations de prévention de la pollution atmosphérique (1991), « Grand
prix du Commissariat à l’Energie Atomique » de l’Académie
des Sciences (2001) et Médaille Alfred Wegener de l'Union européenne
des géosciences (2004). Il était membre de l’Académie
des sciences et de plusieurs autres Académies nationales et internationales.
Gérard Mégie était chevalier de l’Ordre du Mérite
(1990) et de l’Ordre national de la Légion d’Honneur (2001).
Gérard Mégie
- Né à Paris, le 1er juin 1946
- Polytechnicien (1965) et docteur-ès-sciences (1976)
- Boursier de recherche au CNES (1968 – 1974)
- Attaché, chargé, maître, puis directeur de recherche
au CNRS (1974 – 1988)
- Professeur à l’Université Pierre et Marie Curie (1988)
- Membre de l’Institut universitaire de France (1998)
- Directeur du Service d’aéronomie (CNRS/Université Pierre
et Marie Curie/Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines)
(1996 – 2000)
- Directeur jusqu’en 2000 de l’Institut Pierre Simon Laplace
des sciences de l’environnement global, qu’il avait créé en
1991
- Président du CNRS (depuis 2000)
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