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⇒ Une recherche récompensée
Comment l’être humain s’approprie-t-il son territoire au cours du temps ? Pourquoi l’abandonne-t-il parfois, ou au contraire le développe-t-il ?
L’étude des paysages et des espaces sur des périodes très anciennes permet de reconstituer l’histoire des lieux, et d’élucider les mystères de l’exploitation des territoires par les sociétés humaines. Certains archéologues se penchent sur l’évolution de l’espace, à la manière des géographes. La différence : au lieu de remonter seulement 100 ans en arrière, les archéologues étudient des périodes beaucoup plus longues, se plongeant dans des temps très reculés. Cette discipline est appelée archéologie spatiale.

© Peter Pehani, ModeLTER / ZRC SAZU, Slovénie
Le travail de ces archéologues consiste à parcourir le terrain à la recherche de vestiges, des débris de poterie par exemple. Les trouvailles des chercheurs permettent ensuite de dévoiler la fonction du terrain étudié : habitation, ou champ cultivé. Lorsque tous les indices ont été recueillis, l’objectif est de visualiser les résultats, et de les interpréter. En croisant des données historiques, géologiques, géographiques et archéologiques, il est possible d’avoir un aperçu de l’histoire des territoires. Les archéologues pourront alors déterminer à quelle époque un terrain a été exploité, mais également s’il a été abandonné puis réexploité quelques siècles plus tard.
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⇒ Le parcours de la lauréate
Au début de ses études, Laure Nuninger s’intéresse autant à l’histoire, qu’à la géographie, à l’histoire de l’art ou à l’archéologie. Un stage d’été dans le sud de la France va lui permettre d’affiner ses choix. Le thème du stage : l’archéologie du paysage. Elle découvre alors les cartes qui permettent de référencer les données collectées pendant les journées sur le terrain. C’est le coup de foudre. Elle revient l’année suivante, puis présente un mémoire de maîtrise sur le sujet.
En 1998, elle participe à un programme de recherche européen, Archaeomedes. consacré à l’étude, depuis l’Antiquité, de la désertification des régions méditerranéennes de l’Europe. Elle a l’occasion de travailler avec plusieurs chercheurs venus d’horizons variés : historiens, archéologues, géographes et géodésistes.
Elle partage leur expérience de l’analyse des données archéologiques à l’aide de systèmes d’information géographique. Ces outils informatiques permettent de produire des plans et des cartes et d’organiser des données alphanumériques. Laure Nuninger est aujourd’hui l’une des spécialistes dans ce domaine.
Entre la France et la Slovénie
En 2002, elle obtient son doctorat sur le peuplement du Languedoc oriental du VIIIe au Ier siècle avant J.-C. à l’Université de Franche-Comté. L’année suivante, elle effectue un post-doctorat en archéologie spatiale à Ljubljana, en Slovénie.
Trois ans après son entrée au CNRS, elle co-dirige le Laboratoire européen associé franco-slovène, le LEA ModeLTER (Modelling of landscapes and territories over the long term). Ce laboratoire étudie la transformation des paysages et des territoires sur plusieurs milliers d’années afin de modéliser et fournir des indicateurs utiles pour les recherches sur le développement durable. Pour cela, il s’agit d’associer deux types de techniques : des technologies avancées en analyse spatiale (conception d’algorithmes) et de l’analyse par télédétection satellitaire.
Laure Nuninger témoigne de son dynamisme et de son implication en participant à de nombreux programmes de recherche collectifs, à la création de partenariats avec des équipes étrangères, et en prenant part à un domaine de recherche encore récent. Elle contribue à sa manière au rayonnement de la recherche et du CNRS.
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