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Des implants crâniens sur mesure
L’histoire de la céramique européenne a longtemps été liée à la quête d’excellence des orfèvres fascinés par cette argile en provenance de Chine que l’alchimie du feu transformait en une matière blanche, translucide, brillante et sonore.
Aujourd’hui, la céramique n’évoque plus seulement les arts de la table, et aux plaisirs épicuriens ont succédé des applications médicales en chirurgie réparatrice et en dentisterie. De nouveaux matériaux, les biocéramiques, à la composition voisine de celle des tissus osseux, ont ainsi fait leur apparition. Biocompatibles, cette similitude de composition chimique les rend bioactives, permettant d’éviter les rejets une fois implantées dans l’organisme, milieu très agressif, mais surtout autorisant une repousse osseuse directement à leur surface.
Les chimistes limougeauds ont mis au point une alternative aux greffes osseuses, la stéréolithographie, une méthode innovante de fabrication de pièces biocéramiques aux formes complexes. Cette technique consiste à construire la pièce couche par couche (de 20 à 100 µm d’épaisseur) par photopolymérisation à l’aide d’un laser, d’un mélange de poudre de céramique et de résine réactive. Le pilotage de la machine de fabrication, basé sur un fichier scanner du patient, assure le passage direct de la réalisation virtuelle à l’objet réel.
De leur côté, les cliniciens n’en sont pas à leur premier coup d’essai. Le CHU de Limoges peut déjà s’enorgueillir d’avoir posé avec succès des implants crâniens en hydroxyapatite (biocéramique à base de phosphate de calcium) fabriqués par cette technique, prothèses parfaitement tolérées par l’organisme.
Laboratoire Science des procédés céramiques et de traitements de surface, CNRS-Université de Limoges
