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La suie dans l’atmosphère : une substance plus polluante que prévue

La suie est un ensemble de composés chimiques issus de la combustion incomplète de combustibles fossiles (essence, gazole, fioul, kérosène) ou de biomasse (bois, végétaux). Elle est également associée à la pollution issue des milieux urbains. Lorsqu’elle est produite, les particules solides de la suie se répandent dans l’atmosphère où elles demeurent en suspension (aérosols). C’est sous cette forme que ce polluant acquiert une réactivité particulière.

Sous l’action directe de la lumière solaire, la réactivité des particules de suie change et surtout s’accroît. Par exemple, sous irradiation solaire, le dioxyde d’azote, un des polluants à l’origine de la production photochimique d’ozone, réagit avec la suie sur des temps très longs et produit efficacement de l’acide nitreux (HNO2), un précurseur de radicaux libres atmosphériques accélérant la formation d’ozone : plus de suie, plus de lumière… plus d’ozone !

Par ailleurs, cette chimie induit également la formation de composés, appelés nitro-HAP (Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques), connus pour être extrêmement toxiques pour la santé… Ces « pièges » à oxydes d’azote vont pouvoir subsister toute la nuit, voyager sur de longues distances par le jeu des déplacements de masses d’air, et libérer ces mêmes oxydes sous l’effet de la lumière du jour pour produire de l’ozone dans des zones initialement non polluées. Ainsi, l’impact de cette photochimie des suies ne s’arrête pas à des enjeux locaux.

Institut de recherches sur la catalyse et l’environnement de Lyon, CNRS-Université de Lyon 1