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Des fards aux vertus médicales

Le plus souvent à base de plomb, les fards égyptiens étaient constitués de mélanges de galène (un sulfure de plomb) noire et de substances blanches, naturelles ou bien synthétisées à partir notamment de sels de plomb. Dans leurs écrits, les médecins grecs et romains soulignent le rôle capital de ces substances pour le soin des yeux et des plaies. À l’heure où le plomb est davantage connu pour sa toxicité potentielle, cet usage surprend.

Pour mieux comprendre cet usage, des chercheurs ont tenté d’évaluer l’impact de très faibles quantités de plomb sur une cellule de la peau. Résultat : à très faible dose, le plomb ne tue pas la cellule. Il induit la production d’une molécule, le monoxyde d’azote, qui intervient à la fois comme bactéricide et comme messager du système immunitaire, jouant également un rôle primordial dans la régulation de la pression sanguine.

Conclusion : un Égyptien à l’œil maquillé de fard noir voyait son liquide lacrymal enrichi en ions Pb2+ suite à une faible dissolution du fard, ce qui devait créer des conditions bactéricides ad hoc, stimuler la production de macrophages et favoriser leur passage à travers la paroi des capillaires et des vaisseaux sanguins. Cette réponse chronique constituait ainsi un environnement redoutable pour toute bactérie qui y serait projetée accidentellement. Voilà qui expliquerait les propriétés médicales des fards conçus par les anciens Égyptiens. On comprend mieux pourquoi ces derniers les considéraient comme un moyen de transférer sur soi les pouvoirs protecteurs des dieux Horus et Ra.