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Une Mona Lisa plus vraie que nature

Au XVe siècle, la peinture à l’huile prend son essor. Elle remplace progressivement les techniques a tempera [1], donnant une plus grande liberté d’expression au peintre grâce à un modelé des formes et des couleurs rendu possible par application successive de fines couches translucides colorées : les glacis.

Quelles sont les particularités de l’œuvre de Léonard de Vinci qui en font la renommée ? En effet, sa peinture fascine par la subtilité des effets optiques (baptisés « sfumato ») donnant une illusion vaporeuse qui estompe les contours, adoucit les transitions et fond les ombres comme une fumée. Si des mesures optiques et des reconstitutions ont déjà décrit le sfumato, de nouvelles analyses par spectrométrie de fluorescence des rayons X menées par des chercheurs sur sept de ses tableaux conservés au Musée du Louvre confirment le procédé utilisé pour le rendu des dégradés.

La spectrométrie de fluorescence des rayons X consiste à éclairer une zone du tableau avec des rayons X puis à recueillir d’autres rayons X (la fluorescence X), émis par la matière et caractéristiques de la zone étudiée. Cette étude des couches de peinture a pu été menée directement sur les œuvres, dans les salles du musée, sans prélèvement. Elle a permis de déterminer la composition et l’épaisseur de chaque couche de matière pour neuf visages dont celui de Mona Lisa. Les recettes employées par l’artiste pour réaliser les ombres sur les visages sont caractérisées à la fois par une technique (emploi de couches de glacis ou d’une peinture très fine) et par la nature des pigments ou des additifs. Dans le cas des glacis, des couches fines de 1 à 2 micromètres ont été minutieusement appliquées pour atteindre une épaisseur totale ne dépassant pas 30 à 40 micromètres. L’ensemble des données obtenues lève un voile sur les recherches constantes de Léonard de Vinci dans le rendu du vivant des personnages de ses toiles.

Laboratoire du Centre de recherche et de restauration des musées de France, CNRS-Ministère de la culture et de la communication

  • Dans les secrets des œuvres d’art (extrait)
    Antoine Spire s’entretient avec Philippe Walter, physicochimiste, co-directeur du laboratoire du centre de recherche et de restauration des musées de France. Celui-ci décrit les techniques très diverses auxquelles sont soumis les objets analysés puis restaurés : ici l’exemple du Scribe de Saqqarah du Louvre.


Réalisation : Didier Deleskiewicz - Production : CNRS Images (2008)


[1] Techniques a tempera : peintures utilisant une émulsion naturelle comme le jaune d’œuf.