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Tatoos ? Gare aux tabous !
C’est nouveau, c’est fun, c’est branché, les jeunes en raffolent… Souvent proposés aux vacanciers en période estivale, les tatouages éphémères noirs à base de henné connaissent un succès grandissant, leur coloration étant préférée à la teinte habituelle brun orangé du henné.
Et pourtant, ces tatouages réalisés à main levée ou à l’aide d’un calque, peuvent se révéler plus que redoutables pour la santé, avec des effets indésirables graves et irréversibles sur la peau ! En effet, des colorants comme par exemple la paraphénylènediamine (PPD), sont ajoutés illégalement au henné afin d’obtenir la couleur sombre désirée et d’en augmenter la fixation et la longévité.
Depuis quelques années déjà, dermatologues et allergologues ont tiré la sonnette d’alarme en signalant à l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) une augmentation des cas d’eczéma de contact survenant quelques jours ou quelques semaines après la réalisation de tels tatouages.
Le système de cosmétovigilance de l’Afssaps rapporte même que certaines réactions violentes nécessitent une intervention médicale d’urgence allant jusqu’à l’hospitalisation. Si les allergies cutanées se limitent en général à la zone tatouée, elles peuvent aussi s’étendre à la zone avoisinante voire à tout le corps.
Mais ce n’est pas tout. La PPD qui entre dans la composition d’objets courants (caoutchoucs, colorants vestimentaires, teintures capillaires, révélateurs photo, poignées de vélos, encres d’imprimerie, tuyaux de station service…), peut même gêner l’exercice de certaines professions (coiffure, imprimerie, commerce des cuirs et des chaussures, mécanique…).
Le contrôle s’avérant délicat et difficile, la prévention passe par des campagnes d’information aussi larges que possible auprès des consommateurs, en particulier les jeunes et leurs parents, et par l’incitation à consulter au plus vite un professionnel de santé en cas de doute.
Qu’est ce que la paraphénylènediamine (1,4-diaminobenzène) ou PPD ?
Le henné est un colorant naturel issu d’un arbuste, le Lawsonia inermis, qui pousse en Afrique du nord, Inde et Sri Lanka. À l’état pur, il ne provoque que très rarement des allergies. La PPD est un solide cristallin blanc virant au rouge puis au noir sous l’effet de la lumière et de l’air. Elle est utilisée dans la manufacture de résines, de polymères ou de colorants, comme agent antioxydant pour les élastomères, plastiques et dérivés du pétrole, comme inhibiteur de corrosion ou encore agent de développement photographique.
Classification et étiquetage européen (Règlement CE n°1272/2008) Toxique par inhalation, par contact cutané et par ingestion, irritant sévère pour les yeux, la PPD peut provoquer une allergie cutanée et entraîner des effets néfastes à long terme pour l’environnement aquatique.
La molécule pénètre l’épiderme et modifie certaines protéines des cellules de la peau si bien que l’organisme ne les reconnaît plus. Elles sont perçues comme antigènes. Les cellules de l’immunité fabriquent alors des anticorps pour lutter contre ces antigènes. La réaction antigène/anticorps tourne mal et l’histamine libérée par les mastocytes provoque une réaction allergique : irritation, démangeaison, sensation de brûlure, rougeur, tuméfaction, cloques qui évoluent parfois vers des cicatrices définitives. Un traitement à base de corticoïdes et une antibiothérapie sont des remèdes possibles, à ne pas utiliser sans avis médical préalable.
