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Produits d’hygiène et d’entretien : ça mousse « vert » !

D’après des écrits mésopotamiens datant de près de 5 000 ans, on sait que l’homme a préparé les premiers tensio-actifs [1] synthétiques par hydrolyse alcaline de graisses animales et d’huiles végétales. Au cours des deux derniers siècles, les chimistes n’ont pas ménagé leurs efforts pour mettre au point des sels et des molécules neutres à squelette organique doués de propriétés tensio-actives toujours mieux maîtrisées pour améliorer le niveau d’hygiène et faciliter la mise en œuvre de produits formulés qui sont omniprésents dans notre quotidien. Formidable !

Oui, mais avec 9 millions de tonnes de tensio-actifs produits chaque année, dont 50 % de détergents ménagers, la planète a du mal à digérer nos rejets, d’autant que les produits les plus efficaces possèdent rarement la biodégradabilité adéquate.

L’assemblage bien contrôlé d’oligosaccharides avec des alcools gras naturels apportant un segment hydrophobe donne accès à des composés amphiphiles [2] neutres et biodégradables dont les propriétés peuvent être ajustées pour donner des bases émulsifiantes, des agents moussants ou des détergents. Les chimistes rémois, en partenariat avec des chercheurs de l’Inra [3], cherchent notamment à utiliser à cette fin des dérivés de pentoses, constituants majoritaires des hémicelluloses extraites de co-produits agricoles qui trouvent ainsi de nouveaux débouchés. Carbone renouvelable et biodégradabilité, deux bonnes raisons de poursuivre dans cette voie !

Institut de chimie moléculaire de Reims, CNRS-Université de Reims Champagne-Ardenne


[1] Un tensio-actif est un composé chimique qui, introduit dans un liquide, en abaisse la tension superficielle, en augmente les propriétés mouillantes et conduit à la formation d’émulsions, de mousses… Par exemple, les détergents sont des agents tensio-actifs qui provoquent la rupture des liaisons entre les saletés et les supports.

[2] Molécules possédant une partie hydrophobe (« qui n’aime pas l’eau ») et une autre partie hydrophile (« qui aime l’eau »).

[3] Institut national de la recherche agronomique.