Comment localiser et détruire les cellules tumorales ?
Cancer et métastases : un nouveau mécanisme découvert par des chercheurs du Grand Ouest
Des travaux du laboratoire nutrition, croissance et cancer (Inserm / Université de Tours) et du laboratoire Chimie, électrochimie moléculaires et chimie analytique (CNRS / Université de Brest) ont permis de générer une molécule et abouti à la compréhension d’un des mécanismes mis en jeu dans la survenue des métastases osseuses dans plusieurs types de cancers très répandus tels que les cancers du sein ou de la prostate. Un mécanisme que les chercheurs sont parvenus à bloquer grâce à une molécule lipidique. Ces avancées sont le fruit d’une collaboration entre 8 équipes de recherche fédérées au sein du Cancéropôle Grand Ouest et soutenues par les 4 Conseils régionaux du Grand Ouest. L’ensemble des résultats vient d’être publié dans la revue internationale Cancer Research.
Le canal ionique SK3 : un nouveau coupable dans le développement des métastases osseuses Les canaux ioniques sont des protéines présentes dans les membranes de toutes les cellules de notre corps. Ils permettent le passage d’ions (calcium, potassium, etc.) depuis l’intérieur de la cellule vers l’extérieur (et vice versa). C’est en analysant le courant que génère le passage de ces ions que les chercheurs ont identifié, il y a quelques années, des canaux potassiques, dits SK3, dans les membranes des cellules cancéreuses de tumeurs du sein et de la prostate. "Ces canaux n’ont pas été observés dans les cellules saines de ces organes mais uniquement dans les cellules cancéreuses", souligne Christophe Vandier, le porteur du programme. Nous avions également découvert que la présence de ces canaux SK3 favorisait la migration des cellules cancéreuses, une fonction biologique impliquée dans le développement de métastases". Les chercheurs avaient alors constaté que l’activation de ces canaux potassiques provoquait une augmentation de la concentration en calcium dans la cellule. Aujourd’hui, ils ont découvert que deux canaux nommés SK3 et Orai1 sont associés dans des régions particulières de membrane appelées "radeaux lipidiques", et que « cette association présente uniquement dans les cellules cancéreuses, est étroitement liée à la présence des métastases », explique Gaëlle Fromont, anatomopathologiste au CHU de Poitiers. Restait alors à trouver le moyen de bloquer cette association pour agir sur la migration cellulaire et prévenir les métastases.
Un lipide d’origine marine empêche le développement des métastases Un réseau de chimistes de Brest, d’Orléans, de Rennes, du Mans, de Poitiers, de Nantes et de La Rochelle a cherché à générer une molécule pouvant agir sur l’association de SK3 avec Orai1. C’est finalement du Laboratoire de Brest (Equipe "Phosphore et Vectorisation") qu’est venue la découverte. Testée sur des cellules cancéreuses, puis chez des rongeurs porteurs de tumeurs mammaires, la molécule lipidique inspirée de lipides marins, appelée Ohmline, déstabilise l’association des deux canaux et réduit la survenue des métastases osseuses. Cette découverte pourrait conduire, à moyen terme, à une nouvelle approche médicamenteuse de prévention ou de blocage des métastases osseuses dans des cancers très fréquents. Ayant déjà fait l’objet de deux brevets (déposés par l’Inserm), elle permet également d’envisager la création d’une start-up dans la région Centre.
Une collaboration dynamique impulsée par le Cancéropôle Grand Ouest et soutenue par les Régions Bretagne, Centre, Pays de la Loire et Poitou-Charentes "Cette collaboration fructueuse montre que la science se construit lorsque les acteurs régionaux savent faire confiance aux équipes de recherche de leur territoire, analyse Philippe Bougnoux, directeur du Cancéropôle Grand Ouest. Elle témoigne par ailleurs de l’efficacité et du rôle fédérateur de notre Cancéropôle". En plus des 4 Régions, ces travaux ont été financièrement soutenus par l’Université de Tours, la Ligue Interrégionale contre le Cancer du Grand Ouest, et à l’échelle nationale par l’Agence Nationale de la Recherche, l’Institut National du Cancer et l’Inserm.
Référence
A. Chantôme, M. Potier-Cartereau et al.
Pivotal role of the lipid raft SK3-Orai1 complex in human cancer cell migration and bone metastases
Cancer Research 17 juin 2013, doi : 10.1158/0008-5472.CAN-12-4572
Source : CNRS / En direct des laboratoires
Contact chercheur : Paul-Alain Jaffrès / Laboratoire Chimie, électrochimie moléculaires et chime analytique (Brest)
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