Le moteur thermique
Parmi les éléments chimiques composant la Terre lors
de son accrétion, il y a 4,55
milliards d’années, certains étaient radioactifs,
en particulier les isotopes de l’uranium (235U et 238U),
du thorium (232Th) et du potassium (40K) . Ces
éléments constituent une très faible proportion
du volume terrestre mais disposent d’un pouvoir énergétique
considérable. La désintégration de ces éléments
radioactifs contenus dans les roches est la principale source d’énergie
interne de la Terre.
Cette énergie produite à tout instant est dissipée
en surface essentiellement par les continents et les océans sous
forme d’énergie thermique. Les activités sismiques et volcaniques
ne sont que des manifestations spectaculaires des phénomènes
de dissipation énergétique. Mécaniques ou thermiques,
ces phénomènes représentent seulement 4% des pertes
énergétiques.
Il existe deux indicateurs permettant de mesurer la déperdition
d’énergie en surface :
- Le flux géothermique mesure la quantité de chaleur
dissipée à travers les roches. Le fait que la température
augmente avec la profondeur démontre qu’il existe des
échanges d’énergie thermique entre le centre de
la Terre et sa surface. Il a une valeur moyenne de 60 MW/m² mais
est loin d’être uniforme partout. Si ce sont les océans
et les continents qui participent globalement le plus à la
dissipation en raison des surfaces impliquées ; ce sont les
régions volcaniques (points chauds et dorsales) qui perdent
le plus d’énergie avec des flux géothermiques
atteignant les 400 MW/m².
- Le gradient géothermique mesure l’augmentation de la
température en fonction de la profondeur. Il existe deux mécanismes
permettant la transmission de chaleur au centre de la Terre :
- Dans la lithosphère, elle est transmise par conduction
: l’énergie thermique se propage d’atomes en
atomes par agitation thermique sans mouvement de matière.
Cela se traduit par un fort gradient géothermique de 10
à 20°C par km de descente. La température à
la surface est de 15°C alors que celle à la base de
la lithosphère est de 1300°C.
- Dans le manteau, l’énergie thermique est transmise
par convection : c’est un mode de transport énergétique
basé sur les mouvements de la matière. La matière
chauffée perd de la densité et tend à remonter
lentement. Plus tard, refroidie, elle gagne en densité
et redescend tout aussi lentement. Le gradient thermique du manteau
est faible, avec en moyenne 1°C par km de descente. On estime
de manière encore peu précise la température
du noyau à 5000°C.
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