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Le fibroblaste du derme comme cible de la carence hormonale chez la femme ménopausée

Des chercheurs CNRS de l’Institut de génomique fonctionnelle de Lyon (CNRS/ENS-Lyon) en collaboration avec la société Clarins ont développé un modèle de culture de fibroblastes humains dermiques pour comprendre l’impact d’une carence hormonale, facteur extrinsèque du vieillissement cutané, sur la physiologie du type cellulaire principal du derme, le fibroblaste.

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La peau est un organe complexe qui enveloppe entièrement notre corps et le protège des agressions extérieures. Cet organe à lui seul remplit de multiples fonctions (métaboliques, sensorielles, de régulation et d’échanges) qui sont essentielles au maintien de l’homéostasie interne. Plus encore que d’autres tissus et organes de l’organisme, cette enveloppe extérieure est soumise aux dommages du vieillissement dont le derme, tissu de soutien cutané en est la cible principale. Constitué d’une abondante matrice extracellulaire synthétisée par les fibroblastes, le derme subit des lésions structurales sévères conduisant à une altération des propriétés biomécaniques du derme et contribuant à l’apparition de rides. Plusieurs facteurs extrinsèques peuvent accélérer ce processus comme notamment la carence en œstrogène qui survient inévitablement chez les femmes à la ménopause.

Afin de pouvoir décrypter les changements d’activité du fibroblaste à la ménopause, l’Institut génomique et fonctionnelle de Lyon a élaboré un modèle de culture de fibroblastes humains dermiques carencés en hormone puis a ainsi montré qu’une carence hormonale provoque un remaniement du cytosquelette accompagné d’un changement radical de morphologie des fibroblastes. Ces modifications peuvent avoir pour conséquence une perte de l'activité métabolique du fibroblaste mais aussi une réduction de son ancrage à la matrice extracellulaire. Le modèle cellulaire établi montre que ce processus est très reproductible et totalement réversible ; cela permet la réalisation de criblage de molécules bioactives ayant pour cible le fibroblaste carencé en hormone avec un impact fort en cosmétique1.

1 Carnesecchi J, Malbouyres M, de Mets R, Balland M, Beauchef G, Vié K, Chamot C, Lionnet C, Ruggiero F & Vanacker JM (2015) Estrogen induces rapid change in cytoskeleton organization in human dermal fibroblast via the non-classical receptor GPR30. PLoS One, in press

 

Contacts :
Florence Ruggiero / Biologie et pathologie des matrices extracelluaires / T. +33 4 26 73 13 58 / florence.ruggiero@ens-lyon.fr
Jean-Marc Vanacker / Physiopathologie des récepteurs nucléaires orphelins / T. +33 4 26 73 13 47 / jean-marc.vanacker@ens-lyon.fr