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Le partenariat d’innovation, au cœur de la stratégie du CNRS

L’innovation est apparue pendant longtemps comme un continuum partant de la recherche la plus fondamentale pour aboutir aux applications industrielles. Pour la recherche publique, l’enjeu était alors de diffuser les résultats des travaux en direction du monde économique, à charge pour celui-ci d’en faire bon usage au service de son développement. Construire une sorte de « chaîne » de l’innovation, aussi continue que possible, et veiller à la bonne articulation des « maillons », en renforçant les intermédiaires : telles étaient les priorités usuelles des politiques publiques d’innovation.

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Un autre modèle émerge à présent, qui trouve sa source dans la pratique de partenariat des laboratoires : c’est celui d’une co-construction directe de l’innovation par les forces de recherche académique et industrielle. Au CNRS, ce modèle est le fruit du travail ancien que l’organisme a conduit, depuis presque trois décennies, avec ses grands partenaires industriels que sont Solvay, Thalès, Saint-Gobain, EDF ou bien encore Total, pour n’en citer que quelques-uns.

La pierre angulaire en est le laboratoire commun, qu’il s’agisse d’une unité mixte de recherche, d’un OpenLab ou d’un Labcom. Par définition, le laboratoire commun CNRS-entreprise n’est pas un lieu de transfert, mais un espace de co-construction de l’innovation, un lieu d’interface qui appartient tout à la fois à la recherche publique et à la R&D d’entreprise. En somme, c’est un lieu de mixité – une mixité que le système français de recherche et d’enseignement supérieur a su construire et qui fait sa force.

Cette culture de la mixité, mise au service du partenariat avec les acteurs économiques, est un atout. Elle permet à la R&D d’entreprise d’être à la pointe de la science en train de se faire, et à la recherche académique d’accéder à l’expertise, aux données, aux problèmes et aux besoins des acteurs économiques. L’ensemble vient enrichir et stimuler les travaux et dynamiques de recherche.

Le partenariat qui voit ainsi le jour se traduit par des dépôts de brevet, bien entendu, mais aussi par un nombre significatif de publications. Ainsi, depuis 2013, près de 280 publications sont directement issues du partenariat étroit noué entre le CNRS et Solvay.

Ces deux modèles ne sont naturellement pas exclusifs. Au travers des 14 SATT dont il est actionnaire et administrateur, le CNRS a renforcé son dispositif de transfert historiquement construit autour de sa filiale nationale de valorisation, FIST SA. Ce faisant, il a doublé en 2015 le nombre de licences concédées sur des inventions issues des laboratoires.

De même, la création d’entreprise innovante est désormais une réalité très largement répandue dans les laboratoires. Depuis 1999, ce sont plus de 1 200 start-up qui ont vu le jour autour des innovations issues de la recherche publique. Dans près d’un tiers des cas, elles ont été étroitement accompagnées par les chercheurs et ingénieurs du CNRS.

Mais à une époque où les entreprises gardent plus que jamais les yeux fixés sur les évolutions brutales des produits et des marchés, où les révolutions technologiques peuvent avoir des impacts économiques majeurs en l’espace de quelques mois, il ne fait pas de doute que le modèle de partenariat d’innovation direct entre recherche publique et entreprise possède une force toute particulière.

Nombreux sont ainsi les partenaires économiques du CNRS qui, par exemple à l’image de PSA, misent sur les OpenLab et autres laboratoires communs pour connecter directement leur entreprise dans son ensemble à la recherche à son meilleur niveau, afin de se donner une capacité d’anticipation et de réaction inégalée.

C’est pourquoi le partenariat d’innovation est désormais placé au cœur de la stratégie du CNRS. L’objectif est de structurer et faire connaître les outils de partenariat dont disposent les laboratoires : ceux qui permettent d’avancer ensemble à l’échelle d’un projet, au travers des contrats de collaboration, et d’un programme de recherche partagé, au sein des laboratoires communs, ou bien encore d’une feuille de route conjointe élaborée autour d’un accord-cadre CNRS-entreprise.

Une chose est certaine : nous assistons, comme l’a justement souligné le secrétaire d’Etat à l’enseignement supérieur et à la recherche Thierry Mandon, à « une révolution silencieuse ». Les interactions entre recherche publique et monde économique ont désormais atteint une ampleur inégalée. Il convient de le faire savoir largement, pour multiplier ces partenariats d’innovation, véritable atout pour l’économie et la société française.

Alain Fuchs,

Président du CNRS.