CNRS : Centre National de la Recherche Scientifique
Liens utiles CNRSLe CNRSAnnuairesMots-Clefs du CNRSAutres sites
Accueil Sciences et société en mutation : Centre National de la reherche scientifiqueAccueil Département scientifique homme et société : Centre National de la reherche scientifique
  Accueil > Pourquoi le colloque ?

Colloque CNRS

Sciences et Société en mutation

12 février 2007

 

Interview de Jean-Pierre Alix (pdf)

Motivations du colloque (pdf en français)

Main motivations of the conference (pdf en anglais)

Télécharger l'affiche du colloque

 

Aux sources historiques du CNRS existait déjà la volonté de soutenir la création scientifique et d’associer la science à l’action pour en tirer le plus grand profit pour la société. Le CNRS se propose de raviver cette inspiration pionnière, d’en faire un élément-phare de son développement et d’imaginer les formes qu’elle empruntera demain.

Dans ce but, un colloque intitulé « Sciences et Société en mutation » est organisé le 12 février 2007.

Cette journée de réflexion, d’échanges et de débats est ouverte à l’ensemble du personnel, et à nos partenaires de l’éducation, de l’économie, de la culture, des médias et de la politique.

 

Pourquoi ce colloque ?

Jean-Pierre Alix, organisateur du colloque : Le CNRS est au cœur du dispositif scientifique français et européen. Il est de son devoir d’accorder continuellement à son époque son inspiration pionnière, qui est de soutenir la création scientifique et d’en tirer le plus grand profit pour la société. En se mettant à l'écoute de celle-ci, et en proposant des approches fondées sur la connaissance scientifique, il reste ainsi fidèle à sa mission première.

Pour cela, il est parfois nécessaire de faire une pause et de réfléchir. C'est ce que souhaite faire le CNRS lors de ce colloque qui doit être avant tout un moment d'échanges.

Rappelons que cette mission originelle du CNRS a été incarnée par les plus grandes figures de notre organisme : durant les années 30, Jean Perrin a usé de toute son influence pour porter le projet d’institution du CNRS qui a permis notamment aux chercheurs d’exercer leur métier à plein temps. Il a également créé le Palais de la Découverte. En 1944-1945, Frédéric Joliot-Curie a pour sa part jeté les bases de l’organisation du CNRS tout en contribuant personnellement à l’aventure atomique, militaire et civile. Depuis, bien d’autres, nombreux, connus et moins connus, ont accompli leur vie scientifique au CNRS, avec au cœur cette conviction que la recherche est source d’avancées des connaissances et facteur d’innovations, ce qui contribue aux transformations profondes de notre société.

Le résultat de cet investissement au long cours est que la recherche a pris une place sans précédent dans les activités de l’humanité : il y a dans notre pays cent fois plus de chercheurs en activité qu’il y a un siècle, soutenus par des institutions nombreuses, répartis sur l’ensemble du territoire, et qui coopèrent à l’échelle du monde. On ne peut nier l’importance considérable des progrès scientifiques qui en découlent dans tous les domaines.

Mais pourquoi existe-t-il un décalage entre Sciences et Société ?

J.-P. A. : Parce que Sciences et Société évoluent en permanence, suivant leur propre chemin. Leur convergence n’a rien d’automatique.

Aujourd'hui, la confiance de la société dans ses scientifiques est très grande. Ses attentes à leur égard n'ont jamais été aussi pressantes, face aux enjeux de demain, comme l'énergie, la santé, la préservation de l'environnement, le développement durable ou la communication.

Mais paradoxalement, la méfiance dans les usages qui sont faits des découvertes scientifiques augmente. Si la science est perçue comme constitutive du progrès, elle est également perçue comme un facteur de risques. Le nucléaire, les OGM ou la crise de la vache folle en sont quelques exemples.

D'où vient cette méfiance ?

J.-P. A. : Le rythme des innovations scientifiques et des bouleversements technologiques continue de s'accélérer. Cela provoque des modifications rapides et puissantes dans les modes de vie et fait apparaître des risques nouveaux. Ainsi certaines disciplines comme la biologie et l’agronomie soulèvent de délicates questions d’éthique. Toutes ces nouvelles technologies ne sont pas, dès leur apparition, à la portée de tous. Et la science d’aujourd’hui comprend de nombreux aspects peu accessibles à la culture commune.

Tout cela rend le dialogue difficile et provoque des signes de doutes ou de pertes de confiance. En conséquence, les vocations scientifiques sont moins nombreuses dans la jeunesse. Ainsi, aujourd’hui, méfiance et confiance sont étroitement mêlées dans la perception de nos concitoyens avec une intensité quasi égale.

De son côté, la société évolue également…

J.-P. A. : La société connaît en effet ses propres mutations. Dans le monde, notre relation n’est plus celle d’une puissance dominante, mais celle d’un partenaire interdépendant. La croyance en un Etat omniprésent, unique acteur de la régulation de nos relations internationales et des rapports sociaux, laisse peu à peu la place à une répartition différente des pouvoirs entre politique et société civile, et à un dialogue direct entre les institutions. La complexité et la transformation des responsabilités qui en résultent ne sont pas toujours comprises. L’ambiance de doute rend les décisions publiques plus difficiles, et demande notamment de laisser un temps pour le débat, ce à quoi les autorités publiques ne sont pas toujours habituées.

Pour répondre aux mutations en cours, de nouvelles solutions s’imposent. Une bonne recherche peut apporter une contribution très positive. Les meilleurs intellectuels doivent y travailler afin que le dialogue entre sciences et société se renforce. Une double responsabilité appartient ainsi aux scientifiques : celle, classique, de contribuer à la connaissance, et celle, nouvelle, de se sentir comptable des bienfaits et des risques que le progrès scientifique engendre.

Il ne s’agit en aucun cas de réduire la science à des processus de satisfaction du public, mais de renforcer son potentiel d’éclairage et de l’exprimer, d’en assumer les promesses et les risques avec les générations montantes. Il s’agit aussi de savoir en débattre avec les co-acteurs, très nombreux, et d’assurer sa diffusion, afin de contribuer au développement de notre société et de chacun de ses secteurs essentiels : éducation, économie, culture, opinion et politique.

La tonalité et la richesse que prendra ce débat, c'est précisément à cela que le CNRS souhaite réfléchir lors de ce colloque.

Qu'en attend le CNRS ?

J.-P. A. : Cette rencontre s'inscrit pleinement dans l'effort d’ouverture de notre organisme. Dans cette démarche, elle est une étape destinée à ce que la relation entre Sciences et Société soit encore mieux prise en compte dans les politiques de notre établissement, et mieux comprise par les forces vives du CNRS. Au cœur du colloque se trouvent ainsi l’esprit d’écoute et la démarche de participation.

C'est pourquoi — et j'insiste sur ce point très important —, tous les chercheurs, les ingénieurs et techniciens de nos laboratoires sont invités à participer à ce moment de réflexion et de débat. De même que le sont nos partenaires de l'éducation, de l'économie, de la culture, de la communication et du monde politique.

Ce colloque sera en effet précédé par un certain nombre d'ateliers préparatoires. Comment seront-ils organisés ?

J.-P. A. : Nous allons proposer des ateliers thématiques mobilisant l’ensemble des disciplines. Ils constitueront de véritables espaces de débats, et prendront la forme de forums électroniques auxquels chacun est invité à s'inscrire pour apporter ses idées, ses interrogations et ses propositions. Les synthèses de ces différents ateliers seront communiquées et débattues lors du colloque.

Enfin, parallèlement, nous lançons une série d’entretiens avec des chercheurs afin de qualifier les relations Sciences et Société dans leurs pratiques et dans leurs questionnements. Les résultats de cette enquête seront présentés lors du colloque.

Ainsi, en invitant toutes les parties prenantes à se rapprocher, le CNRS souhaite contribuer à ce que l’horizon de la société demeure indissociable de celui de la recherche et à ce que la recherche continue d’améliorer le bien-être de l’humanité.

Juin 2006 - Propos recueillis par Bruno de La Perrière

Accueil du Sitecontactimprimer Plan du sitecredits