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Séminaire de l’Etrres - Lyon 2017

14 juin 2017

Sur le site de Lyon, qui accueille 900 nouveaux doctorants chaque année, la plate-forme Etrres (Éthique de la recherche et responsabilité sociale) a mis en place cette année une formation à l’éthique, portée par le collège doctoral de l’université de Lyon. Un Mooc sur ce sujet pourrait être lancé en 2018 et un appel à projets de recherche financé par l’idex. Lors d’un séminaire, organisé à Lyon 7 au 9 juin 2017, l’université de Toulouse a également présenté son programme de formation à l’éthique pour les doctorants. Elle prend la forme d’une journée de débats et exercices avec des participants venus des 15 écoles doctorales du site pour apporter de la pluridisciplinarité. Selon l’arrêté du 25 mai 2016 (lire sur AEF), les établissements doivent désormais veiller "ce que chaque doctorant reçoive une formation à l’éthique de la recherche et à l’intégrité scientifique".

 

Les doctorants "sont en attente d’une recherche qui ait du sens, y compris en tant que citoyens", affirme Sarah Carvallo, responsable de la plate-forme Etrres (Éthique de la recherche et responsabilité sociale) de l’université de Lyon, qui organisait un séminaire du 7 au 9 juin 2017 sur le thème "Éthique de la recherche, intégrité scientifique et responsabilité sociale". Le site accueille "900 nouveaux doctorants chaque année", rappelle Florence Belaën, responsable du service sciences et société de l’UdL.

"Les paysages de l’éthique". L’université de Lyon a coordonné en 2014 un rapport sur "la place et le rôle de l’éthique" au sein de cette Comue, rédigé par Léo Coutellec, chercheur en philosophie.

L’Etrres a mis en place cette année une formation à l’éthique pour 35 doctorants, portée par le collège doctoral de l’université de Lyon. "Outre la formation, nous voulons travailler sur la recherche, la veille et l’accompagnement des chercheurs et techniciens, pas seulement des doctorants", indique Sarah Carvallo. Un Mooc sur ce sujet pourrait par ailleurs être lancé en 2018, et des temps de débats organisés par l’Etrres. "Les chercheurs ont besoin d’un espace commun pour discuter des valeurs que l’on veut défendre. Une Comue, ce n’est pas seulement une instance de gouvernance", souligne Florence Belaën.

La réflexion sur l’éthique de la recherche et l’intégrité scientifique "fait partie des actions transversales de l’idex [de l’université de Lyon], qui va nous permettre de lancer un appel à projets de recherche, de monter un site internet, etc., décrit Sarah Carvallo. La responsable de l’Etrres souhaite par ailleurs "réunir les référents éthique au niveau du site".

 

À TOULOUSE : JOURNÉE PARTICIPATIVE ET PLURIDISCIPLINAIRE

Former chaque doctorant. Selon l’article 3 de l’arrêté du 25 mai 2016, les écoles doctorales doivent veiller "ce que chaque doctorant reçoive une formation à l’éthique de la recherche et à l’intégrité scientifique".

Une formation à l’éthique de la recherche est devenue obligatoire dans certaines écoles doctorales, confirme Catherine Tessier, chercheuse à l’université de Toulouse. Le site a ainsi formé 130 doctorants à ce jour. Le contenu du programme s’appuie sur les propositions de la Cerna (Commission de réflexion sur l’éthique de la recherche en sciences et technologies du numérique d’Allistène), publiées en 2016.

Une journée de 6 heures est organisée avec des débats, exercices et questions pour les doctorants toulousains. "L’éthique, ça se discute ! Il ne s’agit pas d’être seul devant son ordinateur", affirme Catherine Tessier. "On garantit la confidentialité des échanges car les doctorants vont être amenés à parler de leurs thèses." La formation est réalisée par groupes de 20 doctorants maximum, issus des 15 écoles doctorales du site, "ce qui apporte une pluridisciplinarité qui enrichit les débats".

Les binômes d’encadrants pour chaque groupe sont composés d’un intervenant issu des disciplines STS/ingénierie et d’un intervenant issu des SHS/droit-économie-gestion. Pendant l’année 2015-2016 cette formation a été testée lors de 4 sessions. Elle a été reconduite à plus grande échelle (13 sessions) pour l’année universitaire 2016-2017, avec des binômes "ancien formateur/nouveau formateur", qui permettent ainsi "d’assurer la formation des formateurs tout en conservant la cruciale complémentarité disciplinaire". Le document de la formation est disponible sur HAL : "l’Inria par exemple reprend ce matériel pour former tous ses doctorants en 1ère année", précise Catherine Tessier.

L’université de Liège envisage une check-list d’éthique pour tout projet. En Belgique, l’université de Liège (22 000 étudiants, 2 100 doctorants et 3 000 chercheurs) a créé en 2015 un Conseil à l’éthique et à l’intégrité scientifique, rapporte Isabelle Halleux, responsable de l’administration R&D. Elle décrit "une approche intégrée", avec des formations, un forum, la production de procédures et recommandations, une revue éthique des projets (par exemple pour une doctorante en santé qui avait lancé un crowdfunding afin de finir sa thèse, mais à travers une plate-forme qui retient 30 % des sommes collectées). "Nous réfléchissons à une obligation pour tout projet (de recherche ou de thèse) de remplir une check-list d’éthique, et à la possibilité de créer une chaire d’éthique, avec un professeur invité."