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Pour un renforcement des archives ouvertes HAL

Suivi de l’avis sur l’open access publié en juin 2012

Dans le contexte très évolutif des réflexions et des prises de position sur les publications ouvertes par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (MESR) et au niveau européen par la commission , le COMETS réaffirme son engagement en faveur de l’accès libre et gratuit aux publications scientifiques des résultats de la recherche publique et précise ici certaines des recommandations de son avis publié en juin 2012, qui soulignaient la complémentarité nécessaire des systèmes « Open Access gold » et « Open Access green ». Le présent texte du COMETS concerne le renforcement des archives ouvertes HAL, mises en place par le CNRS il y a dix ans.

Le MESR, dans le cadre du dispositif BSN (Bibliothèque Scientifique Numérique), a pris des positions récentes préparant la position de la France sur l’Open Access. Un nouveau protocole prévoit un pilotage à travers une Unité Mixte de Service accompagné de la signature d’une convention inter établissements autour de HAL.

Le COMETS se réjouit de ces évolutions et souhaite apporter quelques compléments à ses recommandations précédentes concernant HAL.

- Dans la perspective d’une relance d’un système d’archives ouvertes nationales et centralisées, et pour en assurer un grand rayonnement, il nous paraît essentiel d’inclure des chercheurs dans l’équipe de pilotage du laboratoire en charge de HAL. Ceux-ci devront être fortement motivés par leur travail pour HAL, au-delà d’un simple bénévolat occasionnel. L’équipe de direction devra en outre être assurée d’avoir des moyens adaptés à sa stratégie de relance.

- Il est en effet important d’impliquer d’avantage des chercheurs dans le contrôle éditorial des archives ouvertes HAL. Par bien des aspects, la gestion scientifique d’une archive ouverte ressemble à celle d’un journal scientifique. Il faut un comité éditorial qui décide des règles scientifiques de dépôt sur l’archive et suive ces dépôts tout en ayant l’autorité pour trancher dans les cas difficiles. En effet les dépôts peuvent être de nature assez diverse (des articles en preprints ou publiés, des compléments à ces articles, des données brutes, des comptes-rendus de conférences, des rapports, etc), la limite de ce qui est acceptable est à voir au cas par cas avec une vraie rigueur.

- En outre les chercheurs sont les mieux placés pour être proactifs dans la publicité faite à HAL dans les laboratoires ; il faut en effet disposer du poids scientifique nécessaire pour s’adresser aux communautés et les inciter à déposer. Une politique de promotion de HAL pourrait être engagée, avec des consignes données aux directeurs des unités en mettant en œuvre les moyens variés dont dispose le CNRS via ses directeurs d’Instituts ; il en va de même pour les autres institutions qui vont être associées au développement de HAL. Notons qu’il n’est pas question de demander aux chercheurs de déposer dans deux archives ouvertes différentes et qu’il est essentiel que HAL ait de très bonnes connections automatiques avec d’autres systèmes.

- En particulier tous les chercheurs chefs d’équipe pourraient être incités à faire déposer les thèses des doctorants sur HAL/TEL, assurant ainsi leur référencement et leur libre accès public. Bien qu’actuellement HAL/TEL soit le plus gros serveur de thèses, il n’y a pas plus de 10% des thèses soutenues en France qui y sont déposées. Il faudrait aussi accélérer l’établissement des liens de HAL/TEL avec les autres serveurs français et l’exportation vers les portails européens.

- Le dépôt des articles scientifiques sur HAL varie beaucoup selon les disciplines scientifiques. Il est important que des chercheurs mettent au point avec les ingénieurs des procédures de dépôt et de consultation qui tiennent compte des habitudes de chacune des communautés, en particulier pour implémenter des procédures de dépôt bien adaptées à recevoir les manuscrits soumis à des revues dont les méthodes diffèrent selon les disciplines.

- Il est nécessaire d’harmoniser les méthodes de référencement de HAL avec celles des plateformes internationales et européennes, du type de celles qui sont en train d’être mises en place sur la plateforme européenne Open Aire (Open Access Infrastructure for Research in Europe) qui vise le libre accès des publications présentant les résultats de programmes de recherche bénéficiant d’un financement de la Commission Européenne (dans le cadre du 7ème PCRD) ou de l’European Research Council.

- Enfin les responsables de HAL, tout comme les institutions de recherche, devraient avoir à cœur d’informer les chercheurs sur leurs droits d’auteur et de les aider à réserver certains de leurs droits vis-à-vis des éditeurs. En effet le chercheur, auteur ou coauteur d’une publication scientifique, a intérêt à mettre son article sous une licence ouverte de type Creative Commons (option BY- ND-NC) en amont de tout engagement avec un éditeur scientifique, de façon à pouvoir toujours archiver sa publication.

21 février 2013