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Compte-rendu de la 3rd World Conference on Research Integrity (WCRI 2013) Montreal (6-8 mai 2013)
14 mai 2013
Contexte de la conférence
Cette conférence fait suite à celles de Lisbonne en 2007 et de Singapour en 2010. Comme celles-ci, la conférence devrait aboutir à une Déclaration, sans valeur normative, mais créant un cadre indicatif que les institutions de recherche approuvent et s’engagent à respecter. Rappelons que la déclaration de Singapour a été adoptée par l’INSERM en 2011 et par le CNRS en 2012.
Buts de la conférence
Il n’existe pas de définition de la RCR (Responsible Conduct or Research). Cependant La Déclaration de Singapour avait mis en avant quatre principes généraux de bonne conduite en recherche, assortis d’une déclinaison en 14 recommandations. La Déclaration de Montreal (dont le texte préalable a été amendé à la conférence et sera publié en juin 2013) se présentera sous une forme analogue et donnera des directives sur les aspects suivants :
Les coopérations internationales en recherche (publique et privée)
La formation à l’éthique et à la conduite responsable de la recherche
La promotion de l’intégrité dans la politique des publications scientifiques
Les perspectives sociétales et philosophiques sur l’intégrité
La contribution française
La conférence a réuni environ 350 personnes et plus de 45 pays. Elle était dominée par l’Amérique du Nord (USA et Canada). L’Afrique était absente ; les pays asiatiques officiellement représentés pour la première fois. L’Europe était présente à travers le réseau ENRIO, avec surtout de fortes délégations des pays du Nord (Finlande par exemple). La France comptait cinq participants dont trois du CNRS et un de l’INSERM. Le COMETS du CNRS a présenté deux exposés : Michèle Leduc sur « Research Integrity in a Competitive Context » et Danièle Bourcier sur la notion de responsabilité du chercheur dans la Déclaration de l’UNESCO de 1974, dont la révision est en cours. L’exposé de Jean-Pierre Alix a porté sur « error and fraud ; a sometimes fuzzy frontier ».
Impression générale
La Déclaration de Montréal peut être amendée par envoi de messages électroniques pendant encore un mois . Elle comporte 20 points en plus d’un préambule général. Elle souligne avant tout l’accroissement des collaborations internationales, interdisciplinaires et intersectorielles, et donne un ensemble de principes et de méthodes d’action pour leur mise en œuvre en respectant l’intégrité en recherche. On peut remarquer la domination des conceptions américaines sur les disfonctionnements (les FFP, fraude, falsification, plagiat) et sur les pratiques de recherche critiquables (QRP), la vision de la recherche tournée avant tout vers l’innovation, enfin l’absence de rappel des notions d’éthique de la science au sens large. L’utilité d’un tel forum est cependant évidente : d’une part il marque l’avènement d’un réseau mondial comportant des zones culturelles différentes ; d’autre part il permet de développer des liens d’échange et de travail concernant les ressources en matière d’éducation à l’intégrité, même si de plus en plus de cours d’éthique - avec leurs travaux pratiques -, mis au point dans des universités américaines, deviennent payants. Une prochaine conférence est programmée dans deux ans et non trois, ce qui oblige à penser l’éthique des sciences comme une des priorités dans les prochaines années dans le management de la recherche et les politiques scientifiques. Un programme de recherche centré sur ces questions devrait d’ailleurs soutenir ces travaux au niveau des agences et des organismes de financement. Le COMETS a suggéré pour la prochaine conférence mondiale, qui aura lieu en 2015 à Rio-de –Janeiro, d’élargir le réseau aux pays en voie de développement et d’attirer plus de chercheurs (les « chercheurs » présents à Montreal étaient avant tout des spécialistes de l’enseignement de l’intégrité, des membres des comités d’éthique, ou encore des responsables des agences de recherche ou enfin des éditeurs). De plus le COMETS a proposé que soit davantage analysés le climat et la pratique des métiers de la recherche en mutation, qui sont en partie les causes des manquements croissants à l’intégrité en recherche.
Michèle Leduc et Danièle Bourcier, membres du COMETS Jean-Pierre Alix, chargé de mission DGD-S
Références :
Best Practices for Ensuring Scientific Integrity and Preventing Misconduct, OCDE Forum mondial de la science (2007), http://www.oecd.org/sti/sci-tech/42...
Co-ordinating Committee for Facilitating International Research Misconduct Investigations, OCDE, Forum mondial de la science (2008), http://www.oecd.org/sti/sci-tech/42...
Conférence de Lisbonne (2007) : http://www.esf.org/ext-ceo-news-sin...
The European Code of Conduct for Research Integrity : http://www.esf.org/fileadmin/Public...
