Les Paranthropes
 

Aux sources de l'humain

  Les Paranthropes sont des Australopithèques dits " robustes " que l'on trouve dans les gisements datés entre 2,6 et 1,2 million d'années.
   
 

Les Paranthropes regroupent les Australopithèques dits robustes, datés entre 2,6 et 1,2 millions d'années. Ils sont essentiellement connus par trois espèces :

1 - A. aethiopicus représenté par une mandibule robuste sans dent découverte par C.Arambourg et Y.Coppens en 1967 en Ethiopie et par un crâne connu sous le nom de " crâne noir " ainsi qu'une mandibule trouvés au Kénya et qui sont datés d'environ 2,5 millions d'années.
La capacité crânienne est estimée à 419 cm3. Ce type de crâne présente un fort prognatisme avec une face plate et concave, une mandibule très robuste en V avec des dents antérieures et postérieures larges et une crête osseuse sagittale.
Il n'y a pas de restes postcrâniens connus.

2 - Australopithecus boisei. Il avait primitivement été nommé par L.S.B.Leakey en 1959 Zinjanthropus boisei (Figures 1 et 2).
Le crâne type est OH 5 (Olduvaï Hominid 5) qui provient de tanzanie. Cette espèce est connue par des restes provenanr de Tanzanie, de la basse vallée de l'Omo en Ethiopie et du Kénya. Ils sont datés de 1,2 millions d'années au Kénya. Ils sont représentés par des restes crâniens, mandibulaires et dentaires.Ils présentent de grandes affinités avec les Australopithèques d'Afrique du Sud, raison pour laquelle ils sont regroupés dans les Paranthropes. La capacité crânienne est évaluée entre 475 et 530 cm3 . La morphologie crânienne traduirait un fort dimorphisme sexuel. Cette espèce présente les plus grandes dimensions de prémolaires et molaires connues actuellement parmi les Hominidés.

3 - Australopithecus robustus, il a été appelé Australopithecus (Paranthropus ) crassidens. Comme Australopithecus africanus, dont nous parlerons plus loin, cette espèce se rencontre essentiellement en Afrique du Sud dans les sites de Drimolen, Komdraai (12 robustes sur ce site), Swartkrans (environ 300 restes fossiles) et surtout Sterkfontein (400 restes d'Hominidés). Les âges s'étalent de 3,3 à 1,5 millions d'années. Le crâne type est le celui de Komdraai nommé TM 1517. Ce crâne possède un front fuyant avec une voûte basse et, comme les espèces précédentes un rétrécissement marqué derrière les orbites. La capacité crânienne vaut entre 500 et 550 cm3 . Sa face est très plate. Sur la face inférieure du crâne, l'orifice pour l'articulation de la première vertèbre cervicale est situé très en avant contrairement à ce qui existe chez l'Homme. Les os de la machoire sont très puissants avec de grosses prémolaires et molaires à émail épais. En ravanche, canines et incisives sont réduites. Le squelette postcrânien dont les restes sont rares présente les caractères d'une bipédie qui devait ressembler à celle des grands singes actuels. La stature et le poids seraient estimés à 110 cm et 32 kg pour les femelles et 132 cm et 40 kg pour les mâles.
Un crâne de A. robustus vient d'être présenté à la presse par son découvreur André Keyser. Sur son site de Drimolen, D.Gommery et J.Braga avaient mis au jour en 1997 les restes crâniens et de mandibule d'un enfant Homo habilis et d'un nourrisson de Paranthropus robustus.
L'habitat de ces Paranthropes aurait été constitué d'une savane boisée relativement sèche.
En résumé, les Paranthropes (ou Australopithèques robustes) possèdent un crâne robuste avec une crête sagittale et nucale plus ou moins marquée selon le sexe. La face est concave, prognathe avec un bourrelet massif au-dessus des orbites continu au-dessus de l'orifice nasal. Le maxillaire et la mandibule sont très massifs avec de grosses molaires et prémolaires et petites dents antérieures. L'émail des dents est très épais. Le squelette postcrânien peu abondant est robuste laissant supposer une possibilité de bipédie mais de type simien. Les caractères anatomiques particuliers de ce genre ajoutés au fait qu'ils sont parfois trouvés sur les mêmes sites et dans des couches de même âge que Homo habilis les exclut de la phylogénie de humaine.

Yvette Deloison
Chargé de Recherche au CNRS


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