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Le millifaisceau d' AGLAE
lors de l'étude d'un
manuscrit du XVe siècle

Analyse des yeux
de rubis
d'une statuette représentant
la déesse Ishtar
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La matière
constituant un objet d'art ou d'archéologie recèle de nombreux
indices très utiles pour leur étude. En particulier, la
composition chimique permet d'identifier le matériau, sa provenance,
les recettes de fabrication, et ses éventuelles altérations.
Quels éléments
chimiques entrent dans la composition des objets de musées
et dans quelles proportions? C'est pour répondre à cette
question qu'une méthode performante et non destructive la
technique d'analyse PIXE a été implantée au
Laboratoire de recherche des musées de France (LRMF).
Son principe est simple : il s'agit de capter les rayons
X émis par l'objet lorsqu'il est placé dans le faisceau
d'un petit accélérateur de particules. En effet, stimulés
par les particules du faisceau, les atomes de la matière émettent
un rayonnement
X caractéristique de chaque élément. Sans prélèvement
ni dommage, et en quelques minutes, la méthode PIXE délivre
la concentration de tous les éléments compris entre le sodium
et l'uranium.
Historique
Ce phénomène la production de rayons X sous l'impact
d'un faisceau de particules a été observé
dès 1912 par Chadwick. Pourtant, il a fallu attendre plus de 50
ans, avec le développement de détecteurs de rayons X à
semi-conducteurs, la disponibilité de petits accélérateurs
et larrivée des ordinateurs pour l'employer à des
fins d'analyse chimique. En 1970 Johansson jette les fondements de cette
technique qu'il dénomme PIXE. En 1989 le LRMF s'est équipé
d'un tel accélérateur AGLAE
pour adapter les techniques d'analyse par faisceaux d'ions aux
objets de musées - dont la méthode PIXE. Depuis, la technique
a été sans cesse améliorée et les analyses
en mode PIXE représentent aujourd'hui plus de la moitié
du temps de fonctionnement de l'installation.
Principe
Le mécanisme de la méthode PIXE se déroule au niveau
de l'atome et de son cortège d'électrons. Le scénario
se décompose en 3 phases :
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Illustration animée
du
principe physique de base
de la méthode PIXE
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1 - En pénétrant
dans l'objet à analyser, une particule du faisceau éjecte
un électron proche du noyau d'un atome.
2 - L'atome ne reste pas dans cet état instable et excité.
Le trou laissé est aussitôt comblé par un électron
d'une orbite plus extérieure.
3 - Lors de ce réarrangement, l'atome émet un rayon X
pour libérer son excès d'énergie. Pour chaque élément
chimique, l'énergie de ce rayon X est unique.
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Pour
mettre en uvre cette technique, il faut les dispositifs suivants :
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1 - Un accélérateur
de particules tel AGLAE pour produire
le faisceau
2 - Un détecteur
de rayons X capable de les compter et de mesurer leur énergie
3 - Une chaîne
électronique pour constituer des spectres
de rayons X
4 - Un ordinateur
avec un logiciel de calcul pour extraire des résultats chiffrés
à partir des mesures
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Performances
La méthode PIXE présente les caractéristiques suivantes
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Panoramique : dosage
simultané des éléments compris entre le sodium
(Na) et l'uranium (U)
Sensible : il est possible de détecter des très
faibles teneurs, de l'ordre de la partie par million
Rapide : on obtient une analyse en quelques minutes
Quantitative : les concentrations sont obtenues avec une bonne
précision
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Avantages de la méthode
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- Non
destructive, sans prélèvement
- Panoramique : mesure simultanée du Na à l'U
- Sensible : mieux que 10 ppm pour 20<Z<30
- Rapide (quelques minutes) : rendement X élevé
- Précise : résultats à ±5 %
- Absolue (sans étalons)
- Analyse de zones microscopiques (microsonde)
- Analyse à pression atmosphérique possible
- Se combine aisément à d'autres méthodes d'analyse
par faisceaux d'ions (réactions nucléaires,
rétrodiffusion coulombienne, etc.)
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Inconvénients
de la méthode
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- Ne
mesure pas le carbone, l'oxygène, l'azote
- Pas d'information sur les liaisons chimiques
- Méthode d'analyse de surface
- Pas d'information sur la répartition en profondeur
- Impose une cible homogène et plane
- Nécessite un accélérateur de particules et donc
un
investissement coûteux
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Thomas Calligaro
Laboratoire de recherche des musées de France
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