Histoire du scribe de Saqqarah
 
 

Qui représente-t-il ?
 

 

 

Pourquoi le scribe
est-il assis ?

Où et comment a-t-il été découvert ?
 


 


Mariette, assis sur le mur d'un mastaba, dans
la plaine de Saqqarah.
Paris, Bibliothèque de l'Institut de France
© Institut de France
J.-L. Charmet

L'histoire de la découverte

Le Scribe a été découvert par Auguste Edouard Mariette, égyptologue français (Boulogne-sur-Mer, 1821 - Le Caire, 1881). Inspiré par Champollion, il abandonna son métier de professeur de collège, pour se consacrer à l'égyptologie et il parvint à entrer au Musée du Louvre. Envoyé en mission officielle, Mariette se rend en Egypte en 1850, pour négocier l'acquisition de manuscrits coptes.

Une fois sur place, il explore les lieux pour retrouver la nécropole de Saqqarah. Un jour, sous le sable, il reconnaît les sphinx qui entouraient le dromos du Sérapeum de Memphis, grâce au témoignage du géographe grec Strabon. Il entreprit alors des fouilles et trouva une tombe souterraine d'une longueur de 250 mètres qui contenait une mine d'objets, plus de 7 000 pièces qu'il rapporta au Louvre; parmi lesquelles, on comptait entre autres, 141 sphinx, de nombreux mastabas, le "Cheikh el-Beled" du Caire, et le célèbre Scribe accroupi. L'ensemble de ces pièces dataient de la fin de la IVe et de la Ve Dynastie (Ancien Empire).


 


© LRMF, D. Bagault

Qui représente-t-il ?

Cette très célèbre statue a été trouvée dans le cimetière de l'Ancien Empire à Saqqarah, malheureusement dans des conditions telles que l'identité du personnage représenté nous demeure inconnue. Nul doute qu'il s'agissait d'un homme important, à en juger par la qualité exceptionnelle de sa statue, remarquable par le traitement admirable du visage et du corps, et le soin porté à l'incrustation des yeux dans un cadre de cuivre.


La position des mains, prêtes à écrire, ne doit pas nous tromper: ce n'est pas un simple employé de bureau; en effet les plus anciennes statues "en scribe" sont des effigies de princes aux responsabilités politiques élevées. Les couleurs d'origine, la vivacité du regard et l'intelligence de la physionomie comptent pour beaucoup dans la présence de cette œuvre.




 


© Musée du Louvre
 

Pourquoi le scribe est-il assis ?

Dans l'iconographie égyptienne, le scribe est représenté dans deux attitudes spécifiques. Posant un genou à terre ou courbé, il tient le rouleau de papyrus enroulé dans la main gauche, le pinceau à peu près à angle droit par rapport au support. Cette position est adaptée à une écriture en colonnes verticales de haut en bas et de droite à gauche (puisque le rouleau se déroule vers la gauche).

Quand une colonne est terminée, on enroule à nouveau le rouleau; quand la copie est terminée, on le déroule en entier pour le rouler dans l'autre sens. Le scribe peut être assis en tailleur, le rouleau est déroulé sur ses genoux et il le tient de la main gauche. La ligne commence toujours à droite, habitude déjà prise lorsque le scribe écrivait en colonnes verticales.


Pour des raisons de confort, comme en Mésopotamie, c'est avec la position assise qu'a dû naître l'habitude d'écrire selon des lignes horizontales : on comprend bien en effet que, debout avec le rouleau vertical en face de lui, le scribe ne risquait pas d'effacer les colonnes avec sa main ; en revanche, une fois assis, il devait faire un effort pénible de contraction musculaire pour ne pas courir ce risque.
Extrait du dossier pédagogique de la BNF.