Le
prochain observatoire consacré au rayonnement de fond du ciel
sera... européen. Il cartographiera ses fluctuations avec une
précision d’un millionième de degré. L’engin
de 1,8 tonne, 4 mètres de haut et 500 millions d’euros
sera lancé par Ariane 5 . Un consortium
de neuf laboratoires français réalise son
détecteur bolométrique.
Remonter à l’aube des temps : tel est l’objectif
de la mission Planck. Le projet est mené par l’Agence
spatiale européenne. "Il vise à cartographier les fluctuations
du rayonnement primordial avec une précision et une sensibilité
ultimes. Ses performances seront au moins dix fois supérieures
à celles du satellite américain Wmap", indique François
Bouchet le président du programme national de cosmologie. Ce
chercheur à l’Institut d’astrophysique de Paris
est co-responsable des travaux avec Jean-Loup Puget de l’Institut
d’astrophysique spatiale d’Orsay (Essonne). Il ajoute : "les expériences analyseront le fond diffus dans un luxe de détails sans précédent. Leurs détecteurs
ultrasensibles balayeront un nombre de fréquences deux fois
plus important. Ils percevront de fines structures jusqu’à
5 minutes d’arc de dimension (1/6 du diamètre apparent
de la Pleine Lune dans le ciel). Du coup, on en tirera des éléments
de réponses à d’importantes questions qui touchent
la naissance et l’évolution du cosmos." Par exemple :
quelles sont les valeurs exactes des paramètres sous-jacents?
Le modèle du big bang résiste-t-il à l’épreuve
de l’observation? L’Univers primordial est-il passé
par une inflation? Quelle est la nature de la matière noire
et de l’énergie noire qui semblent le dominer ?
La plateforme, réalisée par Alcatel, embarquera un
télescope
de 1,5 mètre de diamètre. Deux éléments
analyseront le rayonnement recueilli. L’instrument basses
fréquences
se trouve placé sous responsabilité principale italienne.
L’instrument hautes fréquences, lui, est réalisé
dans un consortium de vingt laboratoires européens avec, en
tête,
l’Institut d’astrophysique spatiale d’Orsay. Ses
vingt capteurs convertiront les signaux en minuscules quantités
de chaleur. L’engin fonctionnera refroidi à… 0,1
degré au-dessus du zéro absolu ! Au total, l’observatoire
Planck balayera neuf canaux de fréquences entre 30 et
860 gigahertz. En outre, il glanera des informations concernant
la polarisation –
c’est-à-dire la direction de vibration – des ondes.
On en tirera des renseignements sur les ondes acoustiques, et éventuellement
gravitationnelles, qui ont agité le bébé univers.
Quatre mois après avoir quitté la Terre, la sonde
cosmologique rejoindra son poste de travail à quatre fois
la distance de la Lune, ou 1,5 millions de kilomètres,
dans la direction opposée
à celle du Soleil afin de minimiser les parasites. La collecte
des précieuses données pourra commencer. L’analyse
sera coordonnée par l’Institut d’astrophysique
de Paris.
17 janvier 2012 : Fin de mission pour HFI, l'instrument haute fréquence du satellite Planck
11
janvier 2011 : Le satellite PLANCK livre ses premiers résultats
15 septembre 2010 : Planck, première découverte d'un superamas de galaxies grâce au rayonnement fossile
17
mars 2010: Les nouvelles images du satellite Planck révèlent
la structure à grande échelle de la Voie Lactée
et la distribution de la poussière froide
17
septembre 2009: Le satellite Planck lancé le 14 mai 2009 a
livré sa "première
lumière" |