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Ce que savent depuis longtemps les paysans du monde

Sélection trop drastique des variétés cultivées et des espèces élevées

Elevage de dindes. Station Inra de Tours. La sélection drastique actuelle opérée dans les espèces cultivées ou élevées, aboutit aujourd'hui à une homogénéité génétique dangereuse. Ces espèces ainsi « re-définies » par l'agriculture deviennent souvent incapables de survivre seules, car elles nécessitent l'intervention humaine de façon quasi permanente. Par ailleurs, une attaque de quelque nature que ce soit (changement climatique, maladie, attaque par un ravageur...) pourra avoir des conséquences radicales : en effet, si cette attaque a raison du premier spécimen cultivé ou élevé, elle submergera le reste du troupeau ou du champ qui ne sont que des assemblages d'individus semblables...© Inra photothèque / MAITRE Christophe

Par conséquent, l'abandon des espèces sauvages ou semi-domestiquées est dommageable car celles-ci représentent un « réservoir génétique » : ces espèces peu ou non manipulées par l'Homme constituent un recours car elles sont susceptibles d'être utilisées dans le futur pour recréer de nouvelles variétés ou races dans les espèces cultivées ou élevées, mieux adaptées aux maladies ou aux changements.

Paysage de grande culture et zones urbanisées. C'est ce qu'il est convenu d'appeler l'« assurance-vie » de l'espèce humaine. Or, la tendance actuelle est à l'abandon de ces formes sauvages... Récemment, la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture) estimait que près des trois-quarts de la diversité génétique des cultures avaient été perdus au cours des siècles. Elle rappelait aussi que sur les 6300 races animales domestiquées, l'extinction effective ou la disparition prochaine en touchaient 1350 et notamment parmi les races autochtones, présentes depuis toujours en Afrique, Asie ou Amérique latine et plus aptes à résister aux conditions locales. Leur remplacement au profit d'un nombre restreint de races d'élevage (vaches Holstein Frisonne, poules pondeuses White Leghorn, porcs à croissance rapide Large White) entraîne une dépendance à haut risque pour les populations.© Inra photothèque / MAITRE Christophe

L'humanité ne dépend plus que d'un nombre restreint de variétés agricoles pour son alimentation : une douzaine d'espèces animales assurent 90 % des protéines d'origine animales consommées dans le monde tandis que seules quatre espèces cultivées couvrent la moitié des calories végétales

Diversité génétique et variabilité chez l'aubergine : différents types. Pour des millions de paysans pauvres, la diversité des cultures et des espèces constitue depuis toujours, une nécessité vitale. Ils exploitent la diversité génétique des espèces sauvages ou cultivées pour développer leurs cultures et élever de nouvelles races de bétail. Ils ont bien compris que cette diversité permettait aux plantes de devenir plus productive ou bien de s'adapter aux catastrophes.
Ils savent que pour survivre dans des conditions rudes -qui se dégradent encore-, il faut multiplier ses chances, donc augmenter et diversifier le nombre d'espèces cultivées pour échelonner les récoltes, augmenter les rendements, pour ne pas être entièrement à la merci d'un parasite ou d'une maladie...© Inra photothèque / BRAND-DAUNAY Marie-Christine 

Rédaction :

Maryvonne Tissier (directrice de communication à la FRB)

Validation :

Pierre Zagatti (directeur de recherche à l' Inra)

Source :

FAO JMA/20 mai 2004


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