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Classification : le grand arbre des espèces

La classification du vivant

Truffe du PérigordQuels sont les points communs entre une chauve-souris, un chêne et une truffe ? A priori, il n’y en a pas beaucoup. L’une a des pattes et bouge, l’autre a des feuilles, mesure plusieurs dizaines de mètres et est immobile, la troisième enfin n’est à nos yeux qu’une sorte de sphère enterrée dans le sol. Pourtant ces trois organismes, comme les quelques 1,7 million (1) d’espèces vivantes décrites sur la Terre font partie du monde vivant. A ce titre ils ont des points communs.© Droits réservés, Encyclopédie gratuite

Et la science qui cherche à déterminer le degré de ressemblance et de parenté entre chaque espèce s’appelle la classification (ou systématique). Ce lien de parenté n’a d’ailleurs parfois rien à voir avec la ressemblance physique. Un champignon par exemple est plus proche d’un animal que d’un végétal.

Chrysochroa chinensis, Megaloxantha bicolor gigantea et Catoxantha opulenta (Inde)Sous l’apparent fouillis de formes des différents êtres vivants règne une organisation, qui permet d’établir des hypothèses concernant le moment de l’apparition des différentes espèces sur Terre. On appelle phylogénie la science qui estime ces dates d’apparition. L’arbre phylogénétique est un schéma permettant de visualiser les liens de parenté qui existent entre chaque espèce, d’identifier les racines communes à différentes espèces et de voir quelles sont celles qui sont les plus voisines (comme par exemple l’espèce humaine et le chimpanzé).© Philippe Blanchot - MNHN

Loup de mer Dicentrarchus labraxLa classification des espèces se fait selon six niveaux : le règne, l’embranchement, la classe, l’ordre, le genre et l’espèce. Le genre et l’espèce sont des noms latins universellement utilisés qui permettent aux chercheurs de n’importe quelle nationalité de se comprendre et d’éviter toute confusion.
En effet : si l’on parle de loup par exemple, rien ne permet de savoir si l’on évoque le mammifère carnivore Canis lupus ou le poisson de mer Dicentrarchus labrax. A l’inverse, en mentionnant Messor structor, il n’y a aucune ambiguïté : il s’agit d’une fourmi commune des forêts européennes.© Droits réservés, Science et action

Culture de fraisier hors solQuelques exemples de classification :© Jacques Gambier / Inra

  • chat : Règne animal ; Embranchement des chordés ; Classe des mammifères ; Ordre des félins ; Famille des félidés ; Genre Felis ; Espèce catus ;
  • fraisier : Règne végétal ; Embranchement des spermatophytes ; Classe des dicotylédones ; Ordre des Rosidae ; Famille des rosacées ; Genre Fragaria ; Espèce virginiana (beaucoup d’espèces et de sous-espèces de fraises existent du fait de nombreux croisements) ;
  • homme : Règne animal ; Embranchement des chordés ; Classe des mammifères ; Ordre des primates ; Famille des hominidés ; Genre Homo ; Espèce sapiens.

Singe chimpanzé ou Pan troglodytes.La systématique a permis d’estimer le degré de parenté entre plusieurs espèces. Ce calcul se base sur des comparaisons entre l’ADN des différentes espèces. C’est ainsi que nous savons maintenant que tous les êtres vivants (animaux et végétaux) ont en commun au moins 25% de leurs gènes. Ainsi, l’espèce humaine a par exemple 98% de gènes en commun avec le chimpanzé, mais également 35% de gènes en commun avec la jonquille (Narcissus jonquilla) (2) ! Cette différence s’explique par le fait que les ancêtres communs entre l’humain et la jonquille sont simplement plus éloignés dans le temps que les ancêtres communs entre l’humain et le chimpanzé. Mais l’ensemble des séquences d’ADN ne sont pas totalement indépendantes entre l’être humain et la jonquille ! Elles sont le résultat des histoires divergentes de lignées qui se sont séparées il y a quelques centaines de millions d’années ! © IRD Photothèque / Peeters, Martine

La classification du vivant est une science très active et très complexe étant donné le nombre d’espèces - quelques 1,7 million - actuellement recensées. Les études à l’échelle moléculaire et les outils mathématiques de construction d’arbres phylogénétiques toujours plus avancés permettent de nouvelles classifications et nous sommes loin d’avoir trouvé la classification exacte des êtres vivants.

(1) 1 749577 espèces recensées en 2006 d’après Lecointre G., Le Guyader H., 2006. Classification phylogénétique du vivant (3e édition). Belin Science édition.
(2) : Ouvrage : Jonathan Marks, 2002, Univ. California Press, Berkeley, 312p.

Rédaction :

Renan Aufray et Manuelle Rovillé

Validation scientifique :

Jean François Silvain (Directeur de recherche à l’IRD) et Robert Barbault (Directeur du département « écologie et gestion de la biodiversité » du Muséum national d’histoire naturelle)

Sources de l'article


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