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Protection de la nature : de quoi parle-t-on ?

La protection de l’environnement est un domaine régulièrement évoqué dans les médias. Il est cependant difficile de faire la distinction entre tous les termes qui apparaissent lorsqu’on en parle. Pour simplifier, nous trouvons trois écoles pour sauvegarder la biodiversité : les protecteurs, les conservateurs et les restaurateurs. A ces trois modèles, il faut ajouter les gestionnaires qui ne protègent pas la nature au sens propre mais dont le travail est essentiel au bon état de beaucoup d’écosystèmes.

  • Les protecteurs « laissent faire la nature » en contrôlant ou incluant les activités humaines. On parle de « préservation » lorsque les êtres humains sont exclus des milieux naturels à protéger, et de « protection » lorsque les activités humaines sont autorisées sous contrôle dans ces milieux. Les protecteurs mettent en place des réserves ou des parcs par exemple.
  • Arboretum d'Amance. Feuillage d'érable.Les conservateurs essaient de garder une trace de la biodiversité avant qu’elle ne disparaisse. Ils conservent des échantillons de cette dernière au travers de structures particulières (en dehors du milieu naturel) comme les parcs animaliers, zoos ou ménageries, banques de graines, jardins botaniques… © Inra Photothèque  / CANTA René
  • Les restaurateurs tentent d’installer ou de réintroduire dans la nature la biodiversité, en y réintroduisant par exemples des plantes ou animaux disparus ou en voie d’extinction, ou en restaurant des terrains très dégradés (terrils de mines, bordures d'autoroute…). Les réintroductions visent à remettre en place des chaînes alimentaires afin d’obtenir un écosystème en bonne santé.

Cependant, le choix de système de référence reste une question en suspens. En effet, avant de redonner à un milieu naturel ses propriétés et sa biodiversité d’antan (donc avant de le restaurer), il est important de savoir ce qu’est « antan ». En d’autre terme, il faut en premier lieu se demander quelle est l’époque de référence pour restaurer. Les écosystèmes sont en constante évolution : il y a 50 ans, ils étaient bien différents d’il y a 150 ans ou encore 400 ans. De ce fait, quand on parle de restauration, il est primordial de définir le modèle à partir duquel on veut restaurer la nature.

Rédaction :

Renan Aufray (chargé de mission à la FRB)

Validations scientifiques :

Catherine Cibien (directrice du comité français du Mab) et Jean-Claude Génot (Chargé de mission « protection de la nature » au Syndicat de Coopération pour le Parc naturel régional des Vosges du Nord et actif dans le programme Mab)

Source :

Michael E. Soulé, O. H. Frankel, Conservation and Evolution, Cambridge University Press, Cambridge et New York


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