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La biodiversité en boîte

La préservation de la biodiversité est un souci permanent des écologues. Elle passe par la protection des milieux mais aussi par une « conservation figée », c'est-à-dire l'établissement de collections d'espèces (vivantes ou non). Des programmes ont été créés pour garder des spécimens à long terme. Ils consistent à conserver l'intégralité ou des fragments d'espèces.

Exemple de conservation de spécimens vivants

Assortiment de diaspores de la forêt de Guyane illustrant les variations des dimensions des graines et endocarpes.Elle concerne les végétaux, qui ont la particularité de produire des graines pouvant rester en dormance pendant très longtemps puis germer lorsque les conditions extérieures deviennent favorables. Il est donc possible de conserver des graines sans qu'elles meurent.
Des « banques de graines » existent un peu partout en France. C'est le rôle par exemple des conservatoires botaniques nationaux (CBN) Au nombre de neuf, ceux-ci travaillent dans 81 départements à l'élaboration de stocks de graines. Ces stocks serviront à la réintroduction d'espèces menacées dans des jardins conservatoires ou dans des milieux naturels, ainsi qu'à la recherche.
Les CBN ne sont pas uniquement des banques de graines ; ils travaillent aussi à la protection des écosystèmes et à l'information du public.© IRD Photothèque / Sabatier, Daniel

Exemples de conservation de fragments d'espèces

La conservation ne concerne pas uniquement des organismes vivants, notamment parce que ce n'est pas toujours possible. A quelques rares exceptions près, les animaux ne se conservent pas vivant pendant de très longues périodes et les végétaux y parviennent sous forme de graines.
Des méthodes sont donc mises en place pour conserver des fragments d'espèces autant dans le monde animal que végétal :

Herbier du centre IRD (Institut de recherche pour le développement), à Cayenne, Guyane.Les herbiers (pour le monde végétal) :
Ils permettent de conserver des fragments de végétaux entiers - racines, feuilles, fleurs, tiges et parfois fruits. Les plantes sont pressées et séchées avant d'être placées entre deux feuilles de papier pour être conservées. Les herbiers peuvent être très anciens.
Les deux principaux herbiers de France sont au Muséum national d'Histoire naturelle de Paris (environ 10 millions de spécimens) et à l'Université Claude Bernard de Lyon (environ 4 millions de spécimens). Le monde de la recherche utilise encore beaucoup les herbiers, notamment en systématique (la science de la classification des espèces). Des spécimens sont régulièrement échangés entre les herbiers du monde entier pour être analysés.© IRD Photothèque / Dukhan, Michel

Les banques de gènes (pour l'ensemble de la biodiversité):
Les banques de gènes contiennent de grands réfrigérateurs dans lesquels sont entreposés des échantillons. Ces derniers consistent en des fragments de matériel génétique spécialement traités pour supporter leur conservation. Ce procédé permet de garder des ovules et des spermatozoïdes d'animaux ainsi que des morceaux de gènes d'animaux et de végétaux de microorganismes (bactéries, champignons) ou de virus.
Ces échantillons servent principalement à la recherche en génétique avec de nombreuses applications en agronomie.

Rédaction :

Renan Aufray (chargé de mission à la FRB)

Validations scientifiques :

Catherine Cibien (directrice du comité français du Mab) et Jean-Claude Génot (Chargé de mission « protection de la nature» au Syndicat de Coopération pour le Parc naturel régional des Vosges du Nord et actif dans le programme Mab)

Sources de l'article


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