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Découverte d'un antibiotique : la pénicilline

Penicillium
Droits réservés. CNRS

Les pénicillines sont des toxines issues d'une souche de champignons ascomycètes appelés Penicillium notatum, inoffensives pour l'espèce humaine. Il existe plus de 150 espèces de Penicillium, mais tous ne produisent pas ces molécules. Le premier biologiste à avoir mentionné les effets de Penicillium fut Ernest Duchesne (1874-1913), médecin des armées françaises. Mais c'est en septembre 1928 que l'Ecossais Alexander Fleming, après un ensemencement de cultures de staphylocoques (bactéries), observa qu'une des préparations était contaminée par des moisissures, et que tout autour du champignon (identifié comme étant le Penicillium notatum) les colonies microbiennes étaient détruites.

La substance active sécrétée par ce champignon fut nommée pénicilline. Fleming conseilla son emploi pour les pansements. Cependant, cette découverte tomba dans l'oubli et ce n'est qu'en 1940 qu'on recommença à s'y intéresser. En 1945, Alexander Fleming se vit décerner le prix Nobel de médecine pour ses travaux et les effets de la pénicilline sur diverses maladies infectieuses.

Conidiophores de Penicillium glabrum Depuis de nombreuses autres substances actives ont été découvertes, conduisant à une grande famille de pénicillines. Certaines sont effectivement produites par des Penicillium, d'autres sont synthétisées industriellement, à l'aide de microorganismes et d'enzymes. © Public Health Image Library

Les pénicillines sont bactéricides, c'est-à-dire qu'elles tuent les bactéries. Ces toxines agissent au niveau moléculaire en inhibant la synthèse des protéines qui constituent la paroi bactérienne. On les appelle aussi agents anti-infectieux. Une fois administrées, elles se diffusent très rapidement dans l'organisme mais sont aussi vite éliminées par les reins.

Mais les Penicillium ne sont pas seulement utilisés pour produire des pénicillines... L'élaboration du roquefort requiert par exemple l'utilisation de Penicillium roquefortii, à l'origine des moisissures bleu verdâtre de ce fromage !

Rédaction :

Manuelle Rovillé

Validation scientifique :

Serge Morand (Directeur de recherche à l’Institut des sciences de l’évolution de Montpellier – Université Montpellier 2)

Source :

Communications CNRS – Chimie « la pénicilline »


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