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Ville et biodiversité



Cultiver à l’orée des villes

Pauvres agriculteurs! Face à la ville qui gagne du terrain, leur métier est soumis à des contraintes croissantes, notamment logistiques, du fait de la présence des axes de circulation encombrés que peuvent difficilement emprunter tracteurs et matériel agricole. Pourtant, l’agriculture urbaine n’a pas été reconnue comme une "agriculture à handicaps", dans le cadre de la Politique agricole commune de l’Union Européenne. "La question n’est pas seulement de savoir comment la maintenir près des noyaux d’urbanisation, mais aussi de choisir l’agriculture la mieux adaptée à ce contexte particulier", souligne Pierre Donadieu, professeur à l'Ecole nationale supérieure du paysage de Versailles, qui fut l’un des pionniers, en France, de la réflexion sur ce sujet. "Aux portes de Paris, les cultures céréalières de l’Ile de France, par exemple, sont presque exclusivement vouées à l’exportation. Grandes consommatrices d’intrants - engrais, pesticides et herbicides -, elles jouent un rôle médiocre dans le maintien de la biodiversité. Leur rôle en terme d’agrément pour la population de la région est, lui aussi, limité. Une agriculture biologique mélangeant élevages, arboriculture, pépinières et maraîchage, qui commercialiserait ses produits localement en circuits courts, serait plus adaptée à la demande des citadins ".
Pour mieux articuler vie citadine et activité agricole, certaines régions urbaines européennes ont créé des périmètres agricoles dans lesquels la spéculation immobilière est découragée, ou strictement encadrée. Créé en 1983, le Parc agricole du sud de Milan s’est ainsi doté de voies cyclables qui relient cette région rizicole au centre-ville. Les agriculteurs ont commencé à y développer l’accueil du public, par le commerce et la restauration "à la ferme". En Espagne, près de l’aéroport de Barcelone, le Parc agricole de Baix Llobregat vise lui aussi à protéger le patrimoine arboricole et maraîcher de la région, et à le valoriser auprès des citadins. Créé en 1998, il s’étend sur près de 3000 hectares. Il concerne plusieurs centaines de petits producteurs, organisés en coopératives, qui vendent une partie de leurs produits dans l’agglomération de Barcelone, mais aussi en Espagne et dans toute l’Europe.

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