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Ville et biodiversité

Vague verte sur les espaces verts

br> De Rennes à Strasbourg, de Lille à Marseille, les gestionnaires d’espaces verts ne jurent plus que par la "gestion différenciée". "Cette expression signifie qu’ils appliquent une gestion différente, d’un site à l’autre, au sein d’une même ville, mais aussi que, globalement, cette gestion est plus écologique", précise Gaëlle Aggéri, responsable du pôle de compétence "Paysage, espaces verts" du Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) et auteur d’une thèse sur l’histoire de la gestion différenciée.
"Le terme est apparu en 1993, lors d’un colloque organisé par la ville de Rennes, pionnière en la matière, avec Paris, Orléans et les villes des pays d’Europe du Nord, à la pointe de la gestion éco-systémique de la nature en ville. Jusqu’à lors, la plupart des espaces verts étaient gérés de la même manière intensive, "horticole", très interventionniste et assez gourmande en produits chimiques. Mais l’impact environnemental de ces pratiques commençait à poser question dans la communauté scientifique et dans celles des concepteurs- paysagistes. D’autre part, les municipalités souhaitaient réduire les coûts d’entretien. « Concrètement, la gestion différenciée consiste, par exemple, à revaloriser une palette végétale locale, adaptée au sol, au climat, à travailler sur la flore spontanée en laissant certains espaces "naturels"…, explique Gaëlle Aggéri. La ville de Montpellier a ainsi créé des « jardins secs », plantés d’espèces peu gourmandes en eau, ce qui permet de se passer totalement d’arrosage. L’usage des produits phytosanitaires (pesticides et engrais) est aussi remis en cause. A Versailles et Strasbourg, l’objectif " zéro-phyt" est ainsi attein : les agents désherbent à la main ou utilisent un appareil thermique. Même si aucun référentiel commun n’existe pour l’instant, l’engouement pour cette gestion "différente" ne semble pas prêt de s’éteindre. "Sur les 931 stages annuels dispensés par le CNFPT sur la gestion des espaces verts, 3/4 concernent la gestion différenciée", témoigne Gaëlle Aggéri.

CNRS    sagascience