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Ville et biodiversité

Bye les îles, bonjour la ville !

Symbole de vacances à la plage, les goélands sont aussi devenus synonymes de nuisances urbaines : vacarme des colonies au petit matin, fientes maculant bancs publics, carrosseries de voitures et autres façades d’immeubles, toitures dégradées par l’arrachage de bouts de toile goudronnée dont ces volatiles font leur nid... En période de reproduction, ils vont même jusqu’à fondre sur quiconque s’approche de leur petit ! Enfin, même si le risque semble limité, ils sont potentiellement vecteurs de maladies transmissibles à l’homme, comme la salmonellose. « La capacité des citadins à supporter ces nuisances dépend bien sûr de la densité d’oiseaux, mais aussi de l’ambiance urbaine » constate Bernard Cadiou, ornithologue à Bretagne Vivante. "Les populations de goélands du boulevard Haussmann, à Paris, passent pour l’instant inaperçues dans l’environnement sonore général!"
Le goéland n’a pas toujours été présent en ville. "Avant les années 1970, il ne se reproduisait que dans les îles. Mais ses effectifs s’y sont considérablement accrus, à cause des ressources alimentaires abondantes: déchets des pêcheries ou ordures ménagères", explique l’ornithologue. Leur milieu naturel devenant surpeuplé, ils ont alors fondé des colonies dans les villes côtières. Puis, remontant les cours d’eau, se sont établis de plus en plus loin à l’intérieur des terres." Dans les années 1980-1990, la crise de la pêche et la fermeture des grandes décharges à ciel ouvert a obligé ces oiseaux à se tourner vers les déchets urbains pour se nourrir. " Aujourd’hui, les goélands des îles crient famine, tandis que ceux des villes s’en sortent très bien. A Brest, ces oiseaux affichent une fécondité annuelle moyenne de 1,5 jeune à l’envol par couple, contre 0,3 pour leurs congénères de l’archipel de Molène!" Dès 1993, Brest a été la première municipalité dans l’Hexagone à organiser des opérations de stérilisation des œufs de goélands argentés, limitant la population de la ville en deçà du millier de couples. Ces mesures soulagent les oreilles des riverains, mais le "déménagement" des colonies après plusieurs tentatives infructueuses de se reproduire a pour effet d’étendre géographiquement l’invasion. "Mieux vaudrait agir à la source, en limitant les ressources alimentaires auxquelles ils ont encore facilement accès en ville", conclut l’ornithologue.

CNRS    sagascience